AfSud-Enquête réclamée sur une riche famille proche de Zuma

le , mis à jour à 20:13
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 (Actualisé après publication du rapport, précisions) 
    par TJ Strydom et Mfuneko Toyana 
    PRETORIA, 2 novembre (Reuters) - Un rapport publié mercredi 
en Afrique du Sud préconise l'ouverture d'une enquête sur des 
soupçons de trafic d'influence visant une riche famille d'hommes 
d'affaires proche du président Jacob Zuma. 
    Retardée depuis deux semaines par un recours du chef de 
l'Etat devant la Haute Cour de justice, auquel ce dernier a 
finalement renoncé, la publication de ce document de 355 pages a 
coïncidé avec une manifestation de milliers d'opposants devant 
les Union Buildings, où siège le gouvernement à Pretoria.  
    Le texte, signé de l'ex-médiatrice de la République Thuli 
Madonsela, qui a quitté ses fonctions à la mi-octobre, réclame 
une enquête exhaustive dans un délai de trente jours sur la plus 
grave crise d'une présidence déjà minée par de précédents 
scandales. 
    Jacob Zuma doit répondre de l'influence qu'auraient exercée 
trois hommes d'affaires, Ajay, Atul et Rajesh Gupta, membres 
d'une riche famille d'origine indienne, dans la désignation de 
certains ministres. 
    Le président affirme ne jamais avoir accordé une influence 
indue aux trois frères, dont les activités vont du secteur des 
médias à l'exploitation minière. 
    Le rapport de l'ex-médiatrice ne va pas jusqu'à affirmer que 
des délits ont été commis, estimant manquer d'éléments pour 
parvenir à de telles conclusions.  
    Mais il mentionne notamment une intervention "extraordinaire 
et sans précédent" du gouvernement dans un contentieux 
économique entre les amis de Jacob Zuma et son propre fils, 
évoquant un "possible conflit d'intérêt entre le président en 
tant que chef d'Etat et son intérêt privé en tant qu'ami et 
père".  
    Président depuis 2009, Jacob Zuma, 74 ans, a déjà été mis en 
cause dans plusieurs dossiers mais a toujours réussi à en sortir 
sans dommage avec le soutien de la direction du Congrès national 
africain (ANC).  
    Mais la persistance d'un chômage de masse et le 
mécontentement public provoqué par ces scandales à répétition 
placent cette fois le chef de l'Etat dans une position plus 
délicate.  
    Plusieurs milliers de personnes -- membres de partis 
d'opposition, militants des droits civiques, syndicalistes et 
des entrepreneurs -- ont pris part au rassemblement de Pretoria. 
    "Les Sud-Africains doivent se dresser contre l'anarchie de 
Zuma", a déclaré le parti d'extrême gauche EFF (Economic Freedom 
Fighters), qui avait appelé à manifester contre le chef de 
l'Etat. 
    La police a fait usage de grenades assourdissantes et de 
canons à eau pour disperser les protestataires.  
    La monnaie sud-africaine, le rand, s'est raffermie de plus 
de 2% face au dollar à l'annonce du retrait du recours 
présidentiel devant la justice. Les analystes ont estimé que la 
publication du rapport soulignait la solidité des institutions. 
 
 (Eric Faye, Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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