Afrique-Les dirigeants doivent respecter les Constitutions-Hollande

le , mis à jour à 17:29
0

par Allegresse Sasse COTONOU, 2 juillet (Reuters) - Les dirigeants africains doivent respecter la Constitution de leur pays ainsi que les limitations du nombre de mandats, faute de quoi ils risquent de provoquer une instabilité politique, a déclaré jeudi François Hollande au Bénin, première étape d'un voyage de 48 heures en Afrique. Si le président béninois, Thomas Boni Yayi, a affirmé qu'il ne chercherait pas à briguer un troisième mandat l'année prochaine, plusieurs dirigeants africains ont tenté de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle ou projetteraient de le faire. Au moins six personnes ont été tuées mercredi au Burundi, pays qui traverse sa pire crise politique depuis la guerre civile d'il y a dix ans, le président Pierre Nkurunziza s'étant porté candidat à un troisième mandat alors que, selon l'opposition, la Constitution l'en empêche. Le président burkinabé Blaise Compaoré a quant à lui été renversé par un soulèvement populaire en octobre dernier, après avoir voulu briguer un nouveau mandat. "Et nous l'avons encore constaté au Burkina Faso. Nous en mesurons les conséquences au Burundi aujourd'hui même. Quand ces règles-là ne sont plus respectées, ne sont plus partagées, alors il y a des risques et des conséquences", a dit le président français. CHANGEMENTS CLIMATIQUES Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, qui a 71 ans, n'a pas encore dit s'il comptait se présenter à un nouveau mandat de sept ans. Il a appelé cette semaine à un dialogue national, dont l'un des sujets serait une éventuelle modification de la Constitution pour supprimer la limitation du nombre de mandats et les limites d'âge. François Hollande a remercié le Bénin pour son soutien aux efforts de la France dans la lutte contre les insurgés islamistes. Paris a déployé des troupes pour chasser les islamistes du nord du Mali en 2013. Le Bénin a promis d'affecter des troupes à une force régionale, qui comprend aussi le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun et lutte contre les insurgés de Boko Haram. François Hollande devait quitter le Bénin pour l'Angola jeudi, avant de conclure sa tournée africaine vendredi par le Cameroun. "La France pense à sa sécurité, parce que ce qui se passe en Afrique a des conséquences en Europe (...). Donc, assurant aussi avec nos amis africains la lutte contre le terrorisme, nous nous protégeons nous-mêmes", a dit le président français. François Hollande profite aussi de son déplacement pour rallier la participation des pays d'Afrique à la lutte contre les changements climatiques. Paris accueille à la fin de l'année la Cop21, conférence internationale sous l'égide des Nations unies, destinée à conclure un nouveau traité appelé à remplacer le protocole de Kyoto. "L'enjeu, c'est d'assurer, à travers la lutte contre le réchauffement climatique, le passage à un rythme beaucoup plus rapide de développement de pays comme le Bénin", a souligné le président français. (Avec Joe Bavier; Eric Faye pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant