Afrique du Sud-Elections municipales en forme de test pour Zuma

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    PRETORIA, 3 août (Reuters) - Les sud-Africains ont commencé 
à voter ce mercredi pour des élections municipales aux allures 
de test politique pour l'ANC et le président Jacob Zuma, dont le 
second mandat est miné par les scandales de corruption et la 
stagnation économique. 
    Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis la fin 
de l'apartheid il y a 22 ans, domine la quasi totalité des 
municipalités et toute défaite significative dans les urnes 
serait perçue comme un signe alarmant en vue des élections 
législatives de 2019. 
    Les sondages prédisent un résultat serré dans la capitale, 
Pretoria, mais aussi à Johannesburg et dans d'autres grandes 
villes, ainsi que dans la nouvelle communauté urbaine de Nelson 
Mandela Bay, autour de Port-Elizabeth, où un échec de l'ANC 
aurait une portée particulièrement symbolique deux ans et demi 
après le décès du héros de la lutte anti-apartheid. 
    "La façon dont les partis d'opposition ont fait campagne et 
la réponse de l'ANC montrent que l'élection est un référendum 
sur Zuma et la performance de son gouvernement sur le plan 
économique au niveau national et local", souligne Nic Borain, un 
analyste politique de BNP Paribas Securities. 
    Empêtré dans les affaires de corruption et d'abus de biens 
publics, Jacob Zuma a survécu à un vote de défiance du Parlement 
en avril et a reçu le soutien renouvelé de l'ANC, mais son 
autorité est sérieusement écornée. 
    La colère des Sud-Africains gronde d'autant plus que nombre 
d'entre eux ne voient pas leurs conditions de vie s'améliorer 
depuis la fin de l'apartheid, dans un pays où une personne sur 
quatre est au chômage, où l'inflation est galopante et dont 
l'économie est au point mort. 
    L'opposition, marginalisée depuis deux décennies, espère 
capitaliser sur le mécontentement de la population. 
    Le principal adversaire de l'ANC est l'Alliance démocratique 
(DA), un parti majoritairement blanc qui s'est choisi l'an 
dernier un dirigeant noir, Mmusi Maimane, et qui a ciblé 
l'électorat populaire en promettant des créations d'emploi et 
une amélioration des services sociaux. 
    La DA, qui dirige la municipalité du Cap, espère étendre son 
influence même si elle ne semble pas en mesure d'obtenir la 
majorité dans les autres grandes villes. 
    L'autre menace pour l'ANC est issue de ses propres rangs 
avec la faction dissidente des Freedom Economic Fighters (EFF, 
Combattants pour la liberté économique) de Julius Malema, un 
ancien protégé de Jacob Zuma et dirigeant de la branche jeunesse 
du parti au pouvoir, qui promet une redistribution des richesses 
aux plus démunis. 
     
 
 (Mfuneko Toyana; Tangi Salaün pour le service français) 
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