Afghanistan-Les négociations avec les taliban compromises pour Obama

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    par Jonathan Landay et Idrees Ali 
    WASHINGTON, 26 mai (Reuters) - La nomination de trois 
tenants de la ligne dure à la tête des taliban afghans anéantit 
la perspective de pourparlers de paix avec les Etats-Unis avant 
la fin du mandat d'Obama, estiment mercredi plusieurs sources 
militaires. 
    Les taliban afghans ont annoncé avoir choisi pour nouveau 
dirigeant le mollah Haibatullah Akhundzada, un des adjoints de 
leur ancien chef, le mollah Akhtar Mansour, tué ce week-end par 
une frappe de drone américain. 
    Qualifiant la disparition du mollah Mansour de "tournant", 
Barack Obama avait déclaré que le dirigeant des taliban 
constituait un obstacle à la paix en Afghanistan.   
    Mais il est peu probable que son successeur, Haibatullah 
Akhundzada, soit plus enclin au dialogue, les experts prévoyant 
déjà une série d'attaques violentes cet été en Afghanistan. 
    Mercredi, un kamikaze taliban a attaqué une navette 
transportant du personnel judiciaire à l'ouest de Kaboul, la 
capitale afghane, faisant une dizaine de morts.   
    Obama pourrait donc devoir reconsidérer son plan de retrait 
des formateurs militaires et forces spéciales du pays, et 
laisser à son successeur à la Maison Blanche le soin de résoudre 
un conflit dans lequel les Etats-Unis sont engagés depuis 2001, 
date à laquelle ils ont chassé les taliban du pouvoir. 
    L'année dernière, le président américain avait annoncé que 
9.800 militaires resteraient stationnés en Afghanistan en 2016, 
et que leur nombre serait réduit à 5.500 d'ici début 2017. 
    Mettre fin à l'engagement américain long de quinze ans en 
Afghanistan représentait une priorité du mandat d'Obama et ce 
dernier a cherché en vain à amener les islamistes à la table des 
négociations avec le gouvernement afghan. 
     
    LES TALIBAN "NE PEUVENT PAS GAGNER" 
    Dans un contexte marqué par la faiblesse du gouvernement 
d'Abdullah Abdullah, la progression des taliban et l'émergence 
dans le pays d'une branche de l'organisation Etat islamique 
(EI), le commandant en chef des opérations en Afghanistan doit 
rendre d'ici un mois ses conclusions sur le retrait des troupes. 
    Le secrétaire d'Etat à la Défense Ash Carter a indiqué 
mercredi que le gouvernement maintenait sa stratégie d'appel au 
dialogue tout en fournissant à Kaboul une aide financière et 
militaire (conseillers, entraîneurs, équipements).  
    Il a ajouté que le processus de réduction du contingent 
américain redémarrerait. 
    Les taliban doivent comprendre "qu'ils ne peuvent pas 
gagner, que les forces de sécurité afghanes, avec notre appui, 
seront plus fortes qu'eux et qu'elles vont être capables de 
défendre le pays et son gouvernement d'unité nationale", a 
affirmé le chef du Pentagone. 
    "En cela, l'alternative (..) à la paix avec le gouvernement, 
c'est une défaite certaine sur le terrain", a-t-il dit à Rhode 
Island. 
    Certains responsables américains font toutefois une lecture 
différente de la situation, et peinent à voir ce qui pousserait 
les islamistes à rendre les armes. 
    "A chaque fois que j'entends quelqu'un au gouvernement 
parler des perspectives de négociations de paix avec les taliban 
ou de la manière dont l'attaque du mollah Mansour va pouvoir 
améliorer les relations, je me demande ce qu'il a fumé", déclare 
un responsable militaire américain doté d'une longue expérience 
en Afghanistan, et qui souhaite rester anonyme. 
    "Quel que soit leur leader, les taliban n'ont aucune 
incitation à transiger avec leur détermination de restaurer la 
loi islamique", a-t-il ajouté. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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