Afghanistan : les interprètes de l'Otan, nouveaux harkis

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Les interprètes ont été indispensables aux forces de l'Otan en Afghanistan.
Les interprètes ont été indispensables aux forces de l'Otan en Afghanistan.

"Pour les talibans, nous sommes les yeux, les oreilles et la langue de l'ennemi. Ils ont été très clairs : nous sommes leurs cibles privilégiées." Hamid Arman est inquiet. Pendant sept ans, pour 500 euros par mois, il a servi en tant qu'interprète pour l'Isaf, la force internationale d'assistance et de sécurité sous l'égide de l'Otan en Afghanistan. Maintenant que les troupes se retirent et que les talibans rôdent, il doit fuir s'il ne veut pas mourir. Car être interprète en Afghanistan est un métier dangereux : tous ceux qui ont aidé les Américains et leurs alliés sont perçus comme des traîtres. Pour les talibans - dont le retour est inéluctable, selon Hamid -, ce sont les premiers qu'il faudra abattre, pour montrer l'exemple. Recalés "La plupart des types qui travaillaient pour nous ne le disaient même pas à leurs familles, explique un ancien officier britannique déployé en Afghanistan. Certains avaient tellement peur qu'on les soupçonne qu'ils enlevaient leurs vêtements occidentaux avant de rentrer chez eux." "Le problème, poursuit calmement Hamid, c'est que l'on s'exposait quand on suivait les troupes sur le terrain ou lors des conférences de presse. Donc les gens savent ce qu'on a fait. Nous avons pris les plus gros risques et nous sommes les moins protégés pour y faire face." Pour ces hommes, le salut réside dans la fuite. Mais quand on est afghan, obtenir un visa pour l'Europe ou les États-Unis n'est pas simple et avoir...

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