Afghanistan-L'US Air Force aurait bombardé un hôpital de MSF

le , mis à jour à 10:13
0

(Actualisé avec nouvelles citations, précisions, témoignage) KABOUL, 3 octobre (Reuters) - Un raid aérien de l'armée américaine est "peut-être" à l'origine de la destruction partielle d'un hôpital géré par Médecins sans frontières (MSF) à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, a reconnu samedi un porte-parole de l'Otan, parlant de "dommages collatéraux". L'organisation humanitaire a fait état de trois morts et de 30 disparus parmi les membres de son personnel. La ville, tombée lundi aux mains des taliban, a été reprise jeudi par les forces gouvernementales avec l'appui aérien des forces américaines, mais la milice islamiste reste présente dans le secteur. L'aviation américaine a bombardé Kunduz à 02h15 (21h45 GMT), dit le colonel Brian Tribus, porte-parole de l'Otan, dans un communiqué. "La frappe a peut-être provoqué des dommages collatéraux dans un bâtiment médical situé non loin de là", poursuit-il, ajoutant qu'une enquête est en cours. Le bâtiment, qui abrite un centre de traumatologie, a été pris pour cible à plusieurs reprises, souligne MSF dans un communiqué. "Nous sommes terriblement choqués par cette attaque, par la mort de nos collègues et de nos patients, et par la lourde perte infligée au système de santé à Kunduz", déclare Bart Janssens, directeur des opérations de MSF. "Nous ne connaissons pas encore exactement le nombre de victimes, notre équipe médicale donne les premiers secours, soigne les patients et les personnels MSF blessés, et fait le décompte des morts. Nous pressons toutes les parties au conflit de respecter la sécurité des structures de santé et du personnel médical", ajoute-t-il. Au moment du raid aérien, 105 patients se trouvaient dans l'hôpital avec leurs accompagnants, ainsi que plus de 80 membres du personnel afghan et étranger de MSF, précise l'ONG. Selon Zabihullah Mujahid, porte-parole des taliban, aucun membre du mouvement n'était soigné dans cet hôpital. Un mur du bâtiment principal s'est effondré et un incendie s'est déclaré dans trois pièces, a rapporté Saad Mukhtar, directeur des services de santé publique à Kunduz, qui s'est rendu sur place. "Les combats se poursuivent, nous avons donc dû partir", a-t-il ajouté. L'hôpital, qui compte 150 lits, a reçu près de 394 patients, essentiellement pour des blessures par balles, depuis le début des combats, dimanche, selon MSF. L'affluence était telle que des lits de fortune ont dû être installé dans les bureaux et les couloirs. (Andrew MacAskill,; Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant