Affrontements sur le site du futur aéroport de Nantes

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NOUVEAUX AFFRONTEMENTS SUR LE SITE DU FUTUR AÉROPORT DE NANTES
NOUVEAUX AFFRONTEMENTS SUR LE SITE DU FUTUR AÉROPORT DE NANTES

par Guillaume Frouin

NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - De nouveaux affrontements ont eu lieu mardi sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), occasionnant six blessés légers parmi les forces de l'ordre, selon un bilan dressé en fin d'après-midi par la préfecture.

Les militants anticapitalistes présents sur les lieux, une "zone d'aménagement différé" rebaptisée par eux "zone à défendre", affirment pour leur part qu'au moins six d'entre eux ont été blessés par les forces de l'ordre, par des tirs tendus de flash-ball et des éclats de grenades assourdissantes.

Les forces de l'ordre procédaient mardi à leur troisième vague d'expulsions de terrains et maisons occupées illégalement. Elles ont notamment investi "Le Sabot", une terre maraîchère défrichée en mai 2011 et remise en cultures devenue ces derniers jours l'un des principaux points de rassemblement des opposants.

"L'engagement des travaux a nécessité au préalable la suppression de barricades, enflammées pour certaines, et de tranchées construites par les opposants dans les deux derniers jours", indiquait mardi matin la préfecture de Loire-Atlantique.

"Ces interventions se sont déroulées face à des opposants très déterminés dont le nombre a notablement augmenté ce week-end, suite aux nombreux appels relayés sur les sites internet", ajoute-t-elle. "Les forces de l'ordre ont dû faire face à de violentes attaques par jets de projectiles, et éloigner les groupes d'assaillants par l'usage de lacrymogènes".

Une dizaine de maisons et terrains, rachetés par les pouvoirs publics et réinvestis illégalement par les militants anticapitalistes depuis plusieurs années, ont été évacués depuis le 9 octobre. Les opposants au projet d'aéroport ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient organiser une "manifestation de réoccupation" le 17 novembre prochain.

CONDAMNATIONS POLITIQUES

L'intervention des forces de l'ordre a suscité de nombreuses réactions politiques des partis et associations opposés au projet d'aéroport, comme Europe écologie-Les Verts, qui a de nouveau "exigé l'arrêt immédiat des opérations de destructions en cours" et appelé "au retour à la raison".

"La mobilisation face à ce projet d'aéroport écologiquement désastreux, budgétairement stupide et socialement injuste prend une dimension nationale", affirme de son côté Attac, dont une militante de 65 ans a eu une fracture du doigt le 24 octobre après s'être fait "violemment arracher son caméscope" par un gendarme.

Selon la préfecture, les expulsions de ces squatteurs se justifient par l'imminence des travaux préparatoires à la future desserte routière de l'aéroport, qui doivent démarrer en janvier prochain. Ceux de l'aéroport à proprement parler doivent débuter en 2014, pour une mise en service en 2017.

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Le projet, dont les écologistes, le MoDem et le Parti de Gauche réclament l'abandon, est porté par l'Etat et soutenu par l'UMP, le Parti communiste français et les élus socialistes locaux, dont le Premier ministre et ancien député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Présenté par ses promoteurs comme un "transfert" de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie immédiate de la ville et menacé selon eux de saturation, le futur équipement vise à réduire les nuisances en termes de bruit et le sentiment d'insécurité d'une partie des habitants de l'agglomération survolés par les avions.

Edité par Patrick Vignal

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