Affrontements entre groupes armés à Kidal, dans le nord du Mali

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 (Ajoute témoignages et réactions) 
    BAMAKO, 21 juillet (Reuters) - Des affrontements ont eu lieu 
jeudi à Kidal, dans le nord du Mali, entre des milices 
pro-gouvernementales et des rebelles touaregs, rapportent des 
témoins et un combattant.  
    Les premiers tirs ont éclaté vers 16h00 (GMT) et les 
violences se sont rapidement étendues à toute la ville, incitant 
les habitants à se barricader chez eux. 
    Un habitant de Kidal joint par Reuters a fait état de tirs 
d'armes lourdes et légères.      
    "On était à la mosquée quand on a entendu quelques tirs", a 
déclaré Ahamadou Thegoum. "Quinze minutes plus tard, on 
entendait des coups de feu pratiquement dans toute la ville, des 
tirs réguliers et parfois des explosions." 
    Des hélicoptères militaires ont survolé la ville, sans qu'on 
sache s'ils appartenaient à la Minusma, la mission de l'Onu au 
Mali, ou à l'opération militaire française Barkhane au Sahel.  
    Kidal est un bastion traditionnel des rebelles touaregs. 
Depuis février dernier, la ville était contrôlée conjointement 
et pacifiquement par la Coordination des mouvements de l'Azawad 
(CMA), qui réunit les principaux groupes rebelles touaregs du 
nord du Mali, et les miliciens du Gatia (Groupe autodéfense 
touareg imghad et alliés), favorables au gouvernement.  
    Mais les tensions se sont accumulées au cours des derniers 
jours, marquées par des violences sporadiques, et les deux camps 
ont renforcé leurs positions dans et autour de Kidal.  
    Une trêve a bien été signée entre la CMA et le Gatia 
dimanche, par l'entremise du Niger voisin, mais à partir de 
mercredi, les combattants de la CMA ont coupé les principaux 
axes routiers de la ville et pris position afin de barrer au 
Gatia l'accès au centre-ville.  
    Un combattant de la CMA a accusé un milicien 
pro-gouvernemental d'avoir déclenché les affrontements. 
    "Ce matin, la CMA a dit aux miliciens de rester où ils 
étaient et de garder leurs positions à l'extérieur de la ville, 
mais ils ont essayé d'entrer par la force", a-t-il dit, en 
souhaitant rester anonyme.  
    Le chef du Gatia, Fahad Ag Almahmoud, a rejeté la 
responsabilité des violences sur la CMA, en l'accusant de 
chercher à réduire la mobilité du Gatia et d'avoir ouvert le feu 
à bout portant sur l'une des brigades du Gatia qui revenait en 
ville.  
    L'accord de paix signé en 2015 par le gouvernement, les 
milices pro-gouvernementales et les séparatistes touaregs est 
censé faire baisser les tensions entre groupes armés dans le 
Nord, afin de permettre à l'armée de se concentrer sur la lutte 
contre les organisations djihadistes.  
 
 (Souleymane Ag Anara; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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