Affrontements à Beyrouth après les obsèques d'Hassan

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VIOLENCES LORS DES OBSÈQUES DU GENERAL HASSAN À BEYROUTH
VIOLENCES LORS DES OBSÈQUES DU GENERAL HASSAN À BEYROUTH

par Mariam Karouny et Angus MacSwan

BEYROUTH (Reuters) - Des violences ont éclaté dimanche à Beyrouth après les funérailles du général Wissam al Hassan, certains participants ayant tenté de prendre d'assaut les bureaux du Premier ministre Nadjib Mikati.

Dans la soirée, des affrontements ont opposé des hommes armés de fusils et de lance-roquettes dans des quartiers du sud de la capitale libanaise, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité. Des habitants ont dit entendre des sirènes d'ambulances.

On ignore si ces incidents ont fait des victimes.

A Tripoli, dans le nord du Liban, une fillette de neuf ans a été tuée par un tir et plusieurs personnes ont été blessées dans des affrontements.

Des hommes en armes patrouillent dans les rues de cette ville, déjà théâtre de violences cette année entre partisans et adversaires du président syrien Bachar al Assad.

Les incidents survenus dimanche à Beyrouth illustrent les tensions provoquées au Liban par la guerre civile en Syrie, qui exerce une forte influence chez son voisin depuis la guerre civile libanaise (1975-1990).

L'opposition accuse le régime de Bachar al Assad d'être le commanditaire de l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie vendredi à Wissam al Hassan, chef des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure libanaise et adversaire du pouvoir syrien.

Elle reproche aussi à Nadjib Mikati, dont le gouvernement comprend des membres du Hezbollah, allié de Damas, d'être trop proche de la Syrie.

Les violences ont éclaté dimanche à Beyrouth après un discours de l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui a affirmé devant les milliers de personnes rassemblées pour les obsèques de Wissam al Hassan qu'aucun dialogue ne serait possible sans une démission préalable du gouvernement.

"Pas de discussion tant que le gouvernement ne sera pas parti, pas de dialogue sur le sang de nos martyrs", a lancé Fouad Siniora, bruyamment approuvé par la foule rassemblée sur la place des Martyrs.

Des participants ont ensuite tenté de prendre la direction des bureaux du Premier ministre en forçant un barrage de sécurité. Ils ont lancé des barres métalliques, des pierres et des bouteilles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de sommation et des gaz lacrymogènes.

Le chef de l'opposition, Saad Hariri, a lancé un appel au calme et a demandé à ses partisans de rentrer chez eux. "Nous voulons la paix, le gouvernement doit tomber mais nous voulons que cela se produise de manière pacifique. Je demande à tous ceux qui sont dans les rues de se retirer", a-t-il dit à la télévision.

Nadjib Mikati a déclaré samedi avoir présenté sa démission pour permettre la formation d'un gouvernement d'unité nationale. Il a toutefois accepté de rester en poste à la demande du président Michel Souleimane le temps d'organiser des pourparlers destinés à sortir de la crise politique.

Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français

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  • mjjmimi le lundi 22 oct 2012 à 09:45

    "Ils ont ça dans le sang"...oui c'est une question de race. Ce qui est heureux c'est que nous en Europe, après 2000 ans de guerres civiles et révoltes, jacqueries, etc nous avons changé de race; nous avons mués en bons européens pacifiques. Miracle!

  • M3442498 le lundi 22 oct 2012 à 09:12

    Qui tire les ficelles ??? Je doute que cela soit la Syrie.....

  • M1531771 le lundi 22 oct 2012 à 08:40

    De toutes les façons, dans tous ces pays, ils ne peuvent jamais rester et vivre en paix, ils ont besoin de se battre, ils ont ça dans le sang...!!! Et tous les prétextes sont bons !