Affaire Hazout : la troublante inaction de l'ordre des médecins

le
0
André Hazout, à son arrivée au palais de justice de Paris.
André Hazout, à son arrivée au palais de justice de Paris.

"Vous n'avez pas l'impression que vous êtes passé complètement à côté?" La question de l'avocat général est claire, concise, glaciale. Philippe Biclet, ancien secrétaire général adjoint du Conseil de l'ordre des médecins de Paris, peine à y répondre. Entre la première plainte d'une patiente du Dr Hazout et son interpellation, il s'est passé vingt ans. Vingt ans durant lesquels, selon l'accusation, le gynécologue a violé et agressé sexuellement des patientes qui venaient le consulter. Des femmes infertiles, fragiles et vulnérables, qui mettaient tous leurs espoirs en lui pour réussir à tomber enceinte. En 1988, un homme contacte le Conseil de l'ordre pour se plaindre des agissements du Dr Hazout envers son épouse. En 1990, un nouveau courrier est expédié : "J'ai été abusé", peut-on y lire. Bis repetita en février et en novembre 1996. Une femme se confie dans une lettre : "C'est un abus d'embrasser sur la bouche sa patiente, même si elle a un grand sourire, même si on a envie d'elle." Enfin, en juillet 1999, nouveau coup de téléphone d'un mari en colère. Pour le Conseil de l'ordre des médecins, la débâcle est totale. Pourquoi n'a-t-il pas agi ? Aussi confuses soient-elles, les justifications fusent. Philippe Biclet, 64 ans, gastro-entérologue, prend la parole. Petit, l'air austère dans un costume marron foncé, le médecin s'exprime avec véhémence. Le verbe est précis. Derrière son témoignage, l'homme veut faire comprendre...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant