Affaire Grégory: après des tests ADN peu probants, l'espoir s'amenuise

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"L'espoir s'amenuise" d'identifier le ou les meurtriers du petit Grégory après les résultats peu probants des dernières analyses ADN effectuées dans cette affaire, qui risque encore de garder ses secrets.

"Il n'y a pas d'identification possible" par rapport aux 280 personnes figurant dans la base de données versée au dossier, a précisé le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney, qui présentait mercredi, lors d'une conférence de presse, les résultats de nouvelles analyses effectuées sur les vêtements du petit Grégory et les cordelettes qui entravaient l'enfant.

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, 4 ans, était retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges).

Concernant les cordelettes, M. Beney a indiqué que les résultats des analyses étaient "très, très difficilement exploitables".

Sur les vêtements analysés, le magistrat a détaillé une série d'ADN partiels féminins et masculins, relevés notamment sur le pull-over, le pantalon et l'extérieur de l'anorak du garçonnet. Un ADN masculin complet a quant à lui été retrouvé sur le pull et un autre sur l'enveloppe d'une lettre anonyme envoyée le 8 novembre 1984 au juge Michel Lambert, en charge de l'affaire à l'époque.

"Il n'y a pas d'identification formelle d'un quelconque protagoniste du dossier", a assuré M. Beney.

Ces analyses ADN avaient été autorisées en septembre 2012 par la cour d'appel de Dijon, à la demande des parents, sur les vêtements et les chaussures de l'enfant.

Ces recherches utilisaient une nouvelle méthode mise au point par un laboratoire de Bordeaux, dirigé par le Pr Christian Doutremepuich, qui permet de déceler le profil ADN d'une personne à partir de scellés comportant peu de cellules, comme des liens ou des munitions.

Outre les analyses génétiques, des investigations ont été réalisées sur les enregistrements des conversations entre le corbeau et les membres de la famille Villemin.

Selon le procureur général, prévenant de la qualité "médiocre, voire critique des supports analysés", "il y aurait possiblement deux voix, un locuteur masculin et un locuteur féminin".

"A ce stade, le dossier n'est pas fermé"

"A ce stade, le dossier n'est pas fermé même si ces analyses et ces expertises n'ont pas permis de donner des résultats extrêmement importants pour l'avancée de l'enquête", a poursuivi M. Beney.

Par conséquent, "il faut faire une nouvelle série de prélèvements complémentaires parmi l'environnement de l'enfant" pour élargir la base de données des 280 personnes dans ce dossier, a-t-il ajouté.

Le haut magistrat a toutefois concédé que "les espoirs de mettre scientifiquement un nom (sur l'assassin) s'amenuisent".

Vingt-huit ans et demi après le crime du petit Grégory, ses parents ont fait part de leur "immense déception" dans la mesure où "les chances de parvenir à la manifestation de la vérité s'éloignent", écrit dans un communiqué l'avocat des parents, Me Thierry Moser.

"Le combat judiciaire est loin d'être terminé", car il reste selon lui "des pistes à creuser et des investigations à réaliser", a-t-il cependant ajouté.

L'autre avocate du couple Villemin, Me Marie-Christine Chastant-Morand, a pour sa part estimé qu'étant donné que "les ADN de Jean-Marie et Christine Villemin n'ont pas non plus été retrouvés, alors qu'ils ont aidé l'enfant à s'habiller, (...) les expertises montrent hélas leurs limites".

Présentées à l'époque comme les analyses "de la dernière chance", les précédentes recherches ordonnées en 2000, 2008 et 2010 avaient déjà débouché sur des impasses, notamment celles concernant une lettre du corbeau de 1983.

Ce crime, non résolu depuis plus de 28 ans, reste l'une des plus grandes énigmes judiciaires en France.

Soupçonné un temps d'être l'auteur du crime du petit Grégory, Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, a été tué par ce dernier d'un coup de fusil en 1985.

La mère de l'enfant, qui avait également été suspectée du meurtre, avait bénéficié d'un non-lieu en 1993 pour "absence totale de charges".

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