Affaire Carlton: Dodo la Saumure devant un juge d'instruction

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Dominique Alderweireld, alias "Dodo la Saumure", en passe d'être présenté mercredi devant un juge d'instruction lillois pour être mis en examen, a "contesté formellement" toute implication dans l'affaire dite du Carlton, a rapporté son avocat.

"Dominique Alderweireld conteste formellement avoir participé aux affaires dites du Carlton", a indiqué Me Sorin Margulis, après que son client eut été entendu par la PJ lilloise depuis mardi, puis placé en garde en vue et enfin transféré au palais de justice.

L'avocat estime que son client est "une pièce rapportée dans le dossier". Il juge toutefois que sa mise en examen pour proxénétisme aggravé est "probable".

Dans l'affaire dite du Carlton, neuf personnes, parmi lesquelles Dominique Strauss-Kahn, sont déjà mises en examen pour proxénétisme aggravé.

"On lui reproche, a poursuivi l'avocat de "Dodo la saumure", d'avoir accepté que des personnes qu'il exploite - la formule n'est pas bonne - participent à des soirées en France. Il n'a pas donné son aval mais il ne peut pas les empêcher de faire quoi que ce soit, elles ont un contrat d'exploitation indépendant", a-t-il expliqué.

"Dodo la saumure", condamné à cinq ans de prison avec sursis en juin par la justice belge pour ses activités de proxénétisme dans des régions limitrophes de la France, "n'a pas donné son aval" à ces participations faites "en douce", selon l'avocat.

La compagne de Dominique Alderweireld, Béatrice Legrain, a également été transférée pour être présentée devant un juge, a indiqué son avocate, Me Chloé Bonnet. "Les faits qui lui sont reprochés sont plus ou moins les mêmes", a-t-elle confié à l'AFP.

Après leur probable mise en examen, ils pourraient être tous deux libérés mais placés sous contrôle judiciaire, a estimé une source proche du dossier. Devant la presse, Me Margulis n'a cependant pas voulu se montrer trop confiant sur ce point.

Dès 2011, une enquête sur Dominique Alderweireld, exploitant de salons de massage et autres bars à hôtesses en Belgique, avait amené les enquêteurs jusqu'à l'hôtel Carlton de Lille.

Entendu le 8 décembre 2011 alors qu'il est incarcéré à Ypres (Belgique), il nie alors avoir fourni des prostituées aux amis nordistes de "DSK", bien qu'il ait de bonnes relations avec René Kojfer, chargé des relations publiques de l'hôtel et parmi les neuf mis en examen dans cette affaire.

Sa compagne, Béatrice Legrain, a de son côté indiqué avoir accompagné une prostituée à un rendez-vous libertin, à Paris, auquel participait Dominique Strauss-Kahn. A sa sortie de prison en janvier, "Dodo" avait expliqué que Béatrice Legrain et une autre jeune femme avaient "déjeuné ou dîné avec DSK, point final".

L'homme tire son surnom du bain salé dans lequel on fait mariner les maquereaux. Il a acquis une notoriété subite lorsque son nom a été associé à celui de l'ex-patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, dans l'affaire de prostitution du Carlton de Lille.

"Dodo" était arrivé en Belgique il y a une vingtaine d'années où il a ouvert ses premiers "bars montants" et ne cache pas ses activités, qu'il estime "tolérés" en Belgique a rappelé Me Margulis.

Déjà condamné à deux reprises en France pour proxénétisme, Dominique Alderweireld est pourtant aussi en plein démêlé avec la justice belge. Ecroué plusieurs mois dans les Flandres fin 2011 dans une affaire instruite par le parquet de Courtrai, il a par ailleurs été condamné en juin 2012 à cinq ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Tournai pour ses activités de proxénétisme à la frontière franco-belge.

Béatrice Legrain avait été condamné à trois ans de prison avec sursis dans ce même procès. L'appel qu'ils ont interjetté doit être examiné par la cour d'appel de Mons à la mi-mars.

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