Affaire Bettencourt: appel de soutien à Mediapart et au Point

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APPEL DE SOUTIEN À MEDIAPART ET AU POINT DANS L?AFFAIRE BETTENCOURT
APPEL DE SOUTIEN À MEDIAPART ET AU POINT DANS L?AFFAIRE BETTENCOURT

PARIS (Reuters) - Une quarantaine de médias et d'associations ont appelé jeudi à reprendre et à diffuser les informations de Mediapart et du Point liées à l'affaire Bettencourt après la condamnation de ces médias à retirer les enregistrements pirates de la milliardaire.

La cour d'appel de Versailles a donné le 4 juillet huit jours au site d'information et à l'hebdomadaire pour retirer de leurs sites les articles citant ces enregistrements clandestins de Liliane Bettencourt et les documents audio sous peine d'une amende de 10.000 euros par jour de retard.

Le délai de huit jours commence à partir du moment où l'arrêt est officiellement signifié aux deux médias. Mediapart a indiqué pour l'heure n'avoir reçu aucune notification.

"Nous nous disons solidaires de Mediapart après la récente condamnation lui imposant de censurer, trois ans après leur révélation, ses informations sur le scandale Bettencourt", écrivent les signataires de l'appel "Nous avons le droit de savoir" lancé par Mediapart.

"En signe de protestation, nous faisons désormais nôtres toutes ces informations et nous encourageons les médias, les associations, les élus, les citoyens à les reprendre immédiatement et à les diffuser par tous les moyens démocratiques en leur possession", ajoutent-ils.

Parmi les signataires figurent Libération, L'Humanité, Le Soir, L'Express, Marianne, Le Nouvel Observateur, Les Inrockuptibles, Arrêt sur images ou encore Rue89.

Les associations Anticor, l'association de la presse judiciaire, Attac, la Ligue des droits de l'Homme et Reporters sans frontières ont également paraphé l'appel auquel Le Point ne s'est en revanche pas associé.

FLOU

Mediapart, dont les avocats Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, pointe le flou entourant l'exécution du jugement qui a estimé que la diffusion des enregistrements pirates constituait une atteinte à la vie privée de Liliane Bettencourt.

"Concerne-t-elle tout ou partie des 800 articles de Mediapart faisant mention de ces enregistrements ? S'agit-il de supprimer également les près de 2.000 billets de blogs écrits par nos abonnés ? S'agit-il de supprimer les dizaines de milliers de commentaires ?", s'interroge Mediapart.

La justice a également condamné les deux médias à verser chacun 20.000 euros de dommages et intérêts à Liliane Bettencourt et 1.000 euros à son ancien gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, qui apparaît également dans les enregistrements, élément clé de la procédure judiciaire qui a vu l'ancien président Nicolas Sarkozy mis en examen.

Lors d'une conférence de presse jeudi, les avocats de Mediapart ont appelé le tuteur légal de Liliane Bettencourt, Olivier Pelat, à ne pas exécuter l'arrêt de la cour. Patrice de Maistre a pour sa part fait "une signification à avocats", qui n'a pour l'heure pas été notifiée à Mediapart.

Dans l'appel lancé jeudi, les signataires rappellent que "la liberté de l'information n'est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens."

"Dans une démocratie vivante, le pouvoir du peuple souverain suppose le savoir d'un public informé. S'agissant des affaires publiques, la publicité doit donc être la règle et le secret l'exception", ajoutent-ils.

Le parquet de Bordeaux a requis mardi dernier le renvoi en correctionnelle de six personnes, dont cinq journalistes, pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" après la publication dans la presse des enregistrements.

Ces réquisitions, qui datent du 5 juillet, visent l'ex-majordome de la milliardaire Pascal Bonnefoy, qui les a réalisés, et les journalistes Franz-Olivier Giesbert et Hervé Gattegno, directeur et rédacteur en chef du Point, Edwy Plenel et Fabrice Arfi, directeur et journaliste de Mediapart et Fabrice Lhomme, ancien de Mediapart désormais au Monde.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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  • jfvl le jeudi 11 juil 2013 à 17:59

    Les journaleux croient être au-dessus de lois comme certains politiques, on ne peut pas remuer la M... sans risque d'éclaboussure. La vie privée des personnes doit être impérativement respectée et ce en toute hypothèse. Dans les faits il est regrettable que les humbles n'est pas les moyens financiers de moucher plus souvent ces donneurs de leçons qui fouille dans les poubelles en général et toute impunité. Combien de personnes ont été brisées par leur goût du voyeurisme ?