Aéroport de Toulouse-Les élus locaux exigent des garanties

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* Les actionnaires régionaux veulent le maintien des majorités qualifiées dans les statuts * Ils ne rendront pas leur avis mercredi comme promis * Ils veulent aussi participer à la future gouvernance de Toulouse-Blagnac (Actualisé avec nouvelle déclaration du maire de Toulouse) par Johanna Decorse TOULOUSE, 19 novembre (Reuters) - Les actionnaires minoritaires de l'aéroport de Toulouse ont décidé de ne pas rendre comme prévu mercredi leur avis sur les projets de reprises de l'opérateur, le temps d'obtenir des quatre candidats des garanties supplémentaires. La chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Toulouse qui détient 25% du capital de l'aéroport et les trois collectivités locales, la région Midi-Pyrénées, le département de la Haute-Garonne, la communauté urbaine de Toulouse Métropole, à la tête de 5% chacune, ont également fait savoir qu'elles souhaitaient participer à la future gouvernance du sixième aéroport français et être associés aux grandes décisions. "Nous avons découvert un article des statuts de l'aéroport indiquant que les majorités qualifiées sur un certain nombre de questions disparaissaient dans le cas d'un actionnariat privé", a déclaré à Reuters Jean-Luc Moudenc, président UMP de Toulouse Métropole et maire de Toulouse. "Nous avons donc adressé ce matin une lettre aux quatre candidats avec copie à l'APE (Agence des participations de l'Etat, ndlr) en expliquant que nous ne rendrions notre avis qu'une fois qu'ils se seraient tous engagés, par écrit, à pérenniser la majorité qualifiée, indépendamment de l'actionnariat", a ajouté l'élu. Les quatre candidats toujours en lice sont Aéroports de Paris ADP.PA et Predica, le groupe de BTP et de concessions Vinci SGEF.PA associé à la Caisse des dépôts et à EDF EDF.PA , le fonds d'investissements Cube Infrastructure et le consortium formé par le groupe canadien d'ingénierie et de construction SNC-Lavalin et trois investisseurs chinois, l'aéroport de Shenzen, Shandong Hi-Speed Group et le FPAM Group. Le gouvernement rendra dans un délai d'un mois sa décision sur le candidat retenu pour la privatisation du sixième aéroport français, a fait savoir lundi le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, alors qu'une décision était initialement attendue d'ici fin novembre. EXIGENCES SUR L'EMPLOI A l'issue des auditions, menées vendredi et lundi, les actionnaires institutionnels ont déclaré avoir détaillé aux candidats leurs souhaits et exigences communes en fonction des intérêts de la région. La CCI, Toulouse Métropole et la Région Midi-Pyrénées ont notamment demandé aux repreneurs potentiels de leur donner un pouvoir supérieur à ce que les textes et la place d'actionnaires minoritaires prévoient. Pour Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, "les grandes décisions concernant notamment les investissements et désinvestissement ou encore le plan de développement devront être prises à la majorité des deux tiers". Les quatre actionnaires ont également plaidé pour le maintien des effectifs de l'aéroport et de l'équipe de direction actuellement en place et pour la préservation des intérêts fonciers d'Airbus AIR.PA , désormais actée dans le cahier des charges quel que soit le repreneur. Admettant que "certains dossiers étaient plus forts que d'autres", Jean-Luc Moudenc a précisé que le consortium sino-canadien, objet de vives critiques de la part de certains acteurs locaux, avait "donné des gages". "Les Chinois sont conscients de la méfiance qu'ils inspirent et des préjugés dont ils font l'objet. Ils ont annoncé que s'ils gagnaient, ils ouvriraient le capital de la société créée à des actionnaires français à hauteur d'un tiers", a-t-il ajouté. L'ouverture du capital de Toulouse-Blagnac, sixième aéroport français avec plus de 7,5 millions de passagers en 2013 et un chiffre d'affaires de 117,4 millions d'euros pour 10,6 millions d'euros de résultat net, a été annoncée le 11 juillet. L'opérateur retenu rachètera 49,99% du capital de l'aéroport détenu actuellement à 60% par l'Etat, avec une option de vente pour les 10,01% restants. Voir aussi : * Les collectivités veulent peser dans le dossier Toulouse-Blagnac ID:nL6N0T74RH (Edité par Matthieu Protard)


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