Actionnariat salarié : "L’épargne salariale doit être encouragée et protégée" (Ségolène Royal)

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Boursorama a envoyé 10 questions d'ordre économique à l'ensemble des candidats à la présidentielle.

7) Souhaitez-vous généraliser l’actionnariat salarié et encourager l’actionnariat populaire ?

Ségolène Royal : L’épargne salariale, en associant de façon plus étroite le capital et le travail, doit être encouragée et protégée. C’est d’ailleurs le gouvernement de Lionel Jospin qui avait instauré les régimes actuels d’épargne salariale. Le problème est aujourd’hui que tous les salariés ne sont pas à égalité devant ces dispositifs. Les PME, les secteurs de la construction et des services aux entreprises, comptent très peu de salariés qui en bénéficient. Il faut donc trouver les moyens de renforcer le rôle du salarié-actionnaire, tout en veillant à ce que l’épargne salariale conserve son caractère collectif et ne se substitue pas aux régimes de retraite.

Philippe de Villiers : J’instaurerai l’actionnariat universel (20 millions de salariés actionnaires qui défendent leur entreprise) afin de promouvoir «un patriotisme d’entreprise» qui permettra de faire face aux OPA et d’empêcher les délocalisations.

Dominique Voynet : Si la contrepartie de l’actionnariat salarié est un poids véritable au conseil d’administration et dans les décisions des entreprises, je n’y suis pas hostile. Mais en l’état actuel des choses, les quelques pourcents du capital détenu par les salariés des grandes entreprises ne leur donnent aucun poids « politique ». Pour les PME et les TPE, je suis très favorable en revanche à la forme la plus aboutie de l’actionnariat salarié que sont les coopératives de salariés, où au moins 50 % du capital est détenu par ceux qui y travaillent. Ce modèle d’entreprise est démocratique et fait la preuve de sa capacité à créer des emplois sur les territoires. Il n’y a jamais eu autant de coopératives de salariés qu’aujourd’hui. C’est une tendance lourde que je veux soutenir.

Jean-Marie Le Pen : La promotion de l’actionnariat populaire obéit directement à notre doctrine. Plusieurs points de notre programme vont dans ce sens. Exemple : redistribution par l’Etat de 33% à 50% du produit fiscal de l’imposition sur les plus-values de cession d’entreprises aux salariés (qui restent, eux, dans l’entreprise et qui seront ainsi largement motivés pour l’avenir).

Olivier Besancenot : Absolument pas. S’il y a des richesses (et il y en a !) alors, il faut augmenter tous les salaires de 300 euros nets mensuels et porter le SMIC (ainsi que les minima de branche) immédiatement à 1500 euros nets.

Marie-George Buffet : Le développement de l'actionnariat salarié peut conduire à une certaine schizophrénie : pour favoriser le relèvement de leurs actions, il faudrait aux salariés actionnaires soutenir une gestion financière de l'entreprise cherchant avant tout à maximiser le capital, et donc, selon les dogmes libéraux, à accepter des mesures visant à abaisser les coûts salariaux (emploi, salaires, dégradation des conditions de travail, voire leur propre licenciement). Il est donc nécessaire que les salariés acquièrent d'autres pouvoirs dans la gestion pour modifier leurs critères, notamment en réduisant d'autres coûts que ceux du travail.

Lire l'intégralité du questionnaire économique envoyé aux candidats

Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Frédéric Nihous (CPNT), José Bové (Gauche antilibérale) et Gérard Schivardi (Candidat de Maires soutenu par le Parti des Travailleurs) n'ont pas répondu à ce questionnaire.
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