Actionnariat individuel : de nombreux freins à l'investissement persistent

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Beaucoup d'efforts restent à réaliser en matière d'éducation financière des Français.
Beaucoup d'efforts restent à réaliser en matière d'éducation financière des Français.

 

La crise a accentué la défiance des actionnaires indidviduels face à la Bourse. Une défiance qui peut être améliorée en mettant l'accent sur la pédagogie pour améliorer l'éducation financière des Français relève Caroline de La Marnierre, présidente de Capitalcom.

Depuis l'éclatement de la crise des subprimes, près de 3 millions de particuliers ont déserté la Bourse en France. Afin de réfléchir aux leviers dont disposent les entreprises et les pouvoirs publics pour inverser cette tendance, Capitalcom a mobilisé l'expertise de 15 acteurs de Place du coté et du non-coté pour réaliser une enquête inédite auprès du grand public : l'Observatoire des Actionnaires d'Avenir. Le rapport des Français à l'investissement dans les entreprises a été testé au regard de 12 « critères d'attractivité » relevant de la performance économique et financière de l'entreprise, de la qualité de sa gouvernance et de son projet à long terme. Pour chaque critère, l'échantillon - composé de 1 007 individus représentatifs de la population française - s'est prononcé sur l'évaluation des entreprises françaises, ainsi que son importance dans les décisions d'investissement et dans les recommandations d'investissement à un proche.

Dans un contexte marqué par un retour à la confiance sur les marchés financiers, le niveau d'engagement moyen des Français est extrêmement élevé avec 6,4 points sur 10. Avec 6,8 pts, la qualité et l'innovation des produits et services commercialisés par l'entreprise constitue le critère le plus déterminant ; cependant, les résultats de l'Observatoire révèlent une appréciation équilibrée pour l'ensemble des 12 critères, avec des notes échelonnées entre 6,3 pts et 6,8 pts sur 10 - y compris pour les plus inattendus, tels que la protection de l'environnement et le partage de la valeur avec l'ensemble des parties prenantes de l'entreprise. Mieux encore, plus le niveau d'engagement des Français est élevé, plus leur grille d'analyse des entreprises est équilibrée. La volonté des Français de contribuer aux enjeux collectifs tels que le chômage, la croissance durable et le financement de l'économie réelle est ainsi de plus en plus significative, une évolution qui peut être corrélée avec le développement de l'Investissement Socialement Responsable (ISR).

Par ailleurs, les résultats de l'Observatoire révèlent que les Français se montrent parfois sévères vis-à-vis des entreprises sur les critères qui comptent dans leurs décisions et leurs recommandations d'investissement : la sincérité et la transparence de la communication (2 pts d'écart), la qualité de la gestion (1,6 pts), le retour sur investissement et les performances financières (1,4 pts). Les valeurs de l'entreprise et l'emploi constituent également deux domaines où les entreprises et le grand public sont en décalage - la preuve qu'il existe encore de nombreux territoires de communications susceptibles d'être occupés par les entreprises.

Il s'agit là de l'un des nombreux freins à l'investissement en action dans notre pays. Ce diagnostic est partagé par les membres du Comité d'orientation de l'Observatoire. Selon Yves Boullet, directeur général de l'École de la Bourse, la pédagogie constitue en effet « un élément essentiel du dialogue entre les sociétés et leurs actionnaires individuels actuels et à venir ». Or, « si un certain nombre d'entreprises participent déjà à améliorer l'éducation financière des Français, beaucoup d'efforts restent encore à réaliser. » De son côté, Viviane de Beaufort, professeure à l'ESSEC Business School, constate que « les résultats encouragent la poursuite d'efforts de pédagogie sur l'économie, le rôle de l'entreprise et le fait que créer de la valeur ajoutée peut se faire en respectant une éthique dont nos jeunes sont très demandeurs. »

Caroline de La Marnierre

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  • Math0606 le jeudi 10 avr 2014 à 13:07

    Moi c'est réglé, compte ouvert à l'étranger pour trader.Les frais sont un peu plus élevés que Bink ou autres brokers français mais les impots sont nettement plus bas donc à charger la mule n'importe comment au lieu de créer de vrais impôts utiles (HF, day traders), je ne déclare presque plus rien en France.

  • M5138755 le mercredi 9 avr 2014 à 16:32

    Mon dernier achat date de 2 ans et depuis 5 ans je ne fais que vendre , Trop de taxes de frais de BANKSTER et menteur en plus pour ne pas dire voleur.

  • lorant21 le mercredi 9 avr 2014 à 16:23

    @math0606. Vous avez raison, on a l'impression qu'on taxe plus les investisseurs père de famille (pourtant moins volatiles) qui investissent en actions françaises (pas de taxes sur les étrangères!) et que les traders HF. Idem pour le casino.

  • Math0606 le mercredi 9 avr 2014 à 16:16

    C'est surtout et qussi le niveau des impôts sur les achats/ventes/dividendes en bourse. Ca plus les frais et les risques encourus, c'est peut-être pas plus mal de tout laisser sur le LEP :)Quand ils auront compris qu'il faut taxer fortement les day traders et taxer très peu les bons pères de famille on aura fait un grand pas en avant...et la bourse ressemblera peut-être moins à un casino !!