Action des marins de MyFerryLink, le trafic Eurostar suspendu

le , mis à jour à 18:47
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LE TRAFIC EUROSTAR NE REPRENDRA QUE MERCREDI
LE TRAFIC EUROSTAR NE REPRENDRA QUE MERCREDI

LILLE (Reuters) - Le trafic dans le tunnel sous la Manche était suspendu jusqu'à mercredi dans les deux sens en raison d'une action des marins en grève de MyFerryLink, filiale d'Eurotunnel, qui ont également bloqué le port de Calais dans la matinée.

Eurostar a fait savoir à 18h00 que le trafic ne pourrait pas reprendre mardi.

"Eurotunnel nous a informé que le tunnel restera fermé aujourd'hui. Nous ne serons malheureusement pas en mesure d'assurer nos services pour le reste de la journée", peut-on lire sur le site internet de la compagnie.

Les manifestants avaient déjà bloqué l'accès au tunnel sous la Manche en début de matinée. Dans l'après-midi, des pneus enflammés ont été jetés sur les voies.

Eurostar précisait en fin de journée envisager un retour à la normale dès mercredi matin.

En fin de matinée, les CRS avaient dû intervenir pour déloger les manifestants qui bloquaient l'autoroute d'accès au tunnel et ont provoqué un embouteillage de 10 kilomètres.

Les marins ont également empêché, tôt dans la matinée, un cargo de débarquer son fret dans le port. D’autres navires sont restés à quai. La capitainerie a confirmé l’interruption du trafic, qui se prolongeait en fin de matinée.

"Nous sommes 400, répartis sur le port et à l’entrée du tunnel, et nous n’avons plus rien à perdre", a déclaré à Reuters Eric Vercoutre, responsable du syndicat maritime Nord.

"Nous exigeons que le gouvernement oblige le PDG d’Eurotunnel à respecter sa parole. Nous avons déposé un dossier de reprise des bateaux d’Eurotunnel, ce dossier doit être étudié, il est viable", a-t-il ajouté.

La compagnie MyFerryLink a été lancée en 2012 avec les navires rachetés par Eurotunnel à la compagnie SeaFrance dans le cadre de la liquidation judiciaire de cette société. Elle emploie près de 600 personnes.

Jacques Gounon, PDG d’Eurotunnel, a décidé de céder deux des trois ferries exploités par MyFerryLink à son concurrent danois DFDS, provoquant la colère des salariés constitués en coopérative (Scop).

La porte-parole d'Eurotunnel a dit "comprendre l'inquiétude" des salariés et espérer qu'il y aurait "des propositions d'emploi appropriées" lors d'une réunion prévue mercredi. La précédente, samedi, n'a pas débouché en l'absence de la plupart des parties prenantes.

Les responsables de la Scop SeaFrance, qui risque la liquidation, proposent, via une société d’économie mixte, une offre équivalente à celle de DFDS, soutenue par les collectivités territoriales.

"Nous avons déposé notre dossier. Nous voulons qu’il soit étudié. Nous sommes trahis mais déterminés", a dit Eric Vercoutre.

(Pierre Savary, avec Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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  • M3182284 le mardi 23 juin 2015 à 19:04

    Ça marche pas au chantage et au blocage, un appel d'offre, pauvres nazes. Ils méritent le chômage avec leurs méthodes de délinquants.