Acropole AM : " Il faudrait que l'international représente 50 % de nos encours"

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(NEWSManagers.com) - JACQUES JOAKIMIDES, PRÉSIDENT D'ACROPOLE AM Acropole Asset Management, société de gestion dédiée aux obligations convertibles créée il y a un peu plus de trois ans, cherche à se développer auprès de la clientèle étrangère et auprès des investisseurs institutionnels basés en province, indique son président et fondateur, Jacques Joakimides.


Newsmanagers : Comment se porte Acropole Asset Management ?


Jacques Joakimides : Plutôt bien ! Pourtant, nous avions subi des rachats importants en 2008 dans le sillage de la crise financière. Mais en 2009, nous avons inversé la tendance et collecté 200 millions d'euros. Si bien qu'aujourd'hui, nous gérons un encours de 600 millions d'euros, un montant qui se rapproche de notre record absolu.


Parallèlement, nos trois exercices ont tous été bénéficiaires, y compris le deuxième, en 2008. Et 2009 a été très satisfaisant.


NM : La confiance est-elle au rendez-vous pour 2010 ?


J. J. : Oui, je suis confiant pour 2010, même si j'estime que nous avons encore une faiblesse, qui est notre présence internationale insuffisante. En effet, pour le moment, seuls 20 % de nos encours sont gérés pour le compte d'investisseurs non français. Ce n'est certes pas négligeable, d'autant plus que nous avons d'abord axé notre développement sur la France. Mais, si nous voulons exister en tant que société spécialisée sur les obligations convertibles, il faut que la part des clients étrangers dans nos encours augmente et représente 50 % du total.


NM : A quelle échéance souhaiteriez-vous parvenir à ces 50 % ?


J. J. : Il s'agit d'un objectif à cinq ans. Parallèlement, nous voulons intensifier notre développement en France, et plus particulièrement en province. Nous allons d'ailleurs bientôt nous renforcer sur la clientèle institutionnelle, notamment province, avec l'arrivée de Jean-Paul Malpuech.

NM : A l'international, dans quels pays êtes-vous présents aujourd'hui et quels sont les prochains marchés que vous ciblez ?


J. J. : Aujourd'hui, nous sommes présents dans cinq pays étrangers : le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne et la Suisse. Et les premiers résultats sont encourageants. Nous venons d'ailleurs de lancer notre premier fonds dédié international, pour un investisseur institutionnel anglais.


Notre prochaine étape est le Bénélux, où nous avons des pistes importantes, et l'Asie, où nous avons un représentant. Nous cherchons enfin un partenaire en Italie.


NM : Comment procédez-vous pour vous développer sur ces marchés ?


J. J. : Comme nous ne pouvons pas recruter un commercial dans chaque pays, nous avons choisi la solution des partenariats avec des sociétés qui distribuent nos fonds, sachant que notre clientèle ciblée est celle des investisseurs institutionnels et des distributeurs. La seule exception est la Suisse, où nous travaillons seuls depuis Paris.


NM : Quels montants avez-vous collectés depuis le début de l'année, en France et à l'étranger, et quelles sont vos ambitions cette année ?


J. J. : Nous avons enregistré des souscriptions de quelques dizaines de millions d'euros. Et nous n'avons pas eu de rachats. Nous aimerions bien entendu rééditer la collecte de l'an dernier (200 millions d'euros) même si nous prévoyons moins de lancements de fonds que l'année passée.


NM : Justement, quels sont vos projets dans ce domaine ?

J. J. : Nous envisageons surtout d'étoffer notre pôle fonds à échéances, que nous avons créé en 2009 pour saisir les opportunités qui existaient sur les marchés obligataires. Nous avons ainsi lancé Acropole Convertibles Optimum, un fonds à horizon 31 janvier 2012 investi à 100 % dans des obligations convertibles européennes et internationales, et Acropole 2012, un fonds à horizon 30 juin 2012 investi en obligations convertibles et obligations classiques investment grade à dominante européenne. Nous estimons aujourd'hui qu'il reste de nombreuses opportunités, notamment dans l'univers situé à la frontière entre le high yield et l'investment grade, à la fois dans les convertibles et les obligations simples.


Côté gamme directionnelle, constituée de trois fonds, nous pourrions nous intéresser à l'inflation. Nous réfléchissons à des produits qui seraient couverts contre le risque de hausse des taux.


Enfin, s'agissant de notre dernier pôle, celui de la gestion alternative, nous ne prévoyons pas de lancement. Ce pôle se compose d'un fonds d'arbitrage d'obligations convertibles et d'un fonds long short de convexité.


NM : Comment voyez-vous le marché des obligations convertibles en 2010 ?

J. J. : Je suis toujours optimiste sur les convertibles, car c'est une classe d'actifs qui ne déçoit jamais. Même en 2008, elles ont moins baissé que les actions. Cette année sera très favorable aux obligations convertibles car il va y avoir beaucoup d'émissions, les valorisations restent raisonnables, et il est toujours possible de construire des OC à base d'options.


Enfin, en termes géographique, nous continuons de privilégier l'Asie.

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