« Acheter ou vendre après la baisse ? » par Véronique Riches-Flores (Cercle des analystes indépendants)

le , mis à jour à 14:07
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« Acheter ou vendre après la baisse ? » : pour Véronique Riches-Flores, la méfiance est de mise.
« Acheter ou vendre après la baisse ? » : pour Véronique Riches-Flores, la méfiance est de mise.

Que faut-il penser de la baisse des marchés intervenue la semaine dernière ? Est-ce une simple pause ou le premier signe d'un essoufflement de la tendance haussière ? Véronique Riches-Flores avance notamment trois raisons pour justifier sa méfiance.

Dans un contexte comme l’actuel, il y a deux types de réactions. La première, majoritaire dans un premier temps, consiste à observer la correction du marché [intervenue en milieu de semaine dernière] comme une opportunité d’achat, une respiration bienvenue pour tous ceux qui n’auraient pas su profiter du mouvement haussier de ces dernières semaines. Ces premiers appuieront leurs recommandations sur l’effet imparable de l’injection massive de liquidités par les banques centrales sur les flux acheteurs, sur l’exagération des craintes relatives à la situation économique présente et sur les effets positifs encore à venir de la reprise de l’activité en zone euro.

La deuxième catégorie, traditionnellement moins représentée après des phases de hausse exceptionnelle des marchés, tend à interpréter de tels mouvements comme un coup d’arrêt sinon définitif du moins suffisamment marqué pour justifier de se protéger d’une correction potentiellement durable. Nous faisons partie de ce dernier clan, ceci pour trois raisons essentielles.

Trois raisons essentielles de méfiance

1. Une détérioration persistante de l’environnement international révélée depuis le début de l’année par le retournement de l’indicateur global de l’OCDE et récemment confirmée par les données en provenance de l’économie américaine et de la Chine. Résultat, malgré la chute de l’euro, les commandes à l’exportation adressées aux industriels européens continuent de stagner, comme c’est le cas depuis deux ans maintenant. Les espoirs escomptés de la dépréciation de l’euro risquent fort de ne pas être au rendez-vous dans de telles conditions… Or, sans relais à l’exportation, nous le savons, la reprise domestique ne pourra aller bien loin.

Ventes au détail et commandes à l'exportation en zone euro.
Ventes au détail et commandes à l'exportation en zone euro.

2. La disparition des facteurs les plus porteurs d’amélioration des anticipations qui résidaient dans les baisses respectives de l’euro et des cours du brut. L’euro a en effet plus de chances de se raffermir que l’inverse en l’absence de hausse des taux directeurs de la Fed, ceci notamment si le scénario extrême d’une sortie de la Grèce de la zone euro vient à être évacué, comme cela semble se préciser. Par ailleurs, les cours du baril se sont nettement tendus ces dernières semaines, ressortant, à 65$ pour le Brent, 40 % au-dessus de leur point bas de début janvier. Bien que toujours très largement inférieurs à leur niveau d’il y a un an, l’effet positif de la chute des cours sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts des entreprises est amené à s’inverser. Que restera-t-il dès lors des facteurs de reprise ?

3. Enfin, les dysfonctionnements observés de trop bas niveau persistants des taux d’intérêt et la généralisation de taux à terme négatifs en Europe pose indiscutablement question quant à l’action menée par les banquiers centraux et à ses débouchés à moyen-long terme.

Difficile, dès lors, d’imaginer que les seules injections de liquidités, aussi massives soient-elles, puissent suffire à maintenir les valorisations des marchés sur leurs niveaux actuels tant que de telles incertitudes ne seront évacuées. Après le chemin parcouru ces dernières années par les bourses mondiales, les marchés ont tout lieu d’exiger des résultats qui, s’ils ne sont pas au rendez-vous, pourraient être lourds de conséquences. Il faudra, au minimum, pour les obtenir que les perspectives mondiales se réorientent plus favorablement.

Indice boursier MSCI Monde comparé à la production industrielle sur 20 ans.
Indice boursier MSCI Monde comparé à la production industrielle sur 20 ans.

Véronique Riches-Flores

Véronique Riches-Flores est une économiste indépendante, fondatrice de RichesFlores Research et membre du Cercle des Anlystes Indépendants.

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  • bern1616 le mercredi 6 mai 2015 à 09:03

    c pas 2011 c fin 2008 qu'il fallait acheter:)je l'ai dit je l'i fait,pour l'instant pas vendu encore,ça ne saurait tarder,nottament vie acheté à 8€:)

  • M8362198 le mardi 5 mai 2015 à 15:44

    Excellente étude, j'ai commencé à m'alléger régulièrement depuis deux mois et je continue sur la même logique.

  • M6111389 le mardi 5 mai 2015 à 08:36

    Si j'étais analyste financier, moi aussi j'annoncerais l'inverse de ce que je pense ... ainsi je pourrais profiter au maximum des fluctuations du marché consécutives à mes déclarations.

  • am013 le lundi 4 mai 2015 à 18:59

    Je me suis couvert à la baisse pour 35k€ un peu trop tôt mais je suis aujourd'hui à l'équilibre sur cette ligne. Je conserve pour tout le mois de mai la position voir juin.Je rejoins complètement l'analyse qui est faite car les effets induits de la baisse du cours du brut se sont maintenant estompés dans le pouvoir d'achat et il n'y a aucun autre catalyseur...l'emploi n'étant pas celui que l'on veut nous faire croire dans les médias.

  • ynoufon le lundi 4 mai 2015 à 15:52

    Sell in may and go away

  • M4358281 le lundi 4 mai 2015 à 15:09

    ..Que n'ai s - je acheté en 2011 ..!!! ah là là ! regrets éternels !

  • Pierusan le lundi 4 mai 2015 à 15:01

    La question est : sommes nous déjà "après" ou encore "pendant" la baisse ? Je pense qu'on vient de finir les hors d'oeuvre (de la baisse).

  • alainb57 le lundi 4 mai 2015 à 14:48

    D'autres disent le contraire, que la baisse n'est que temporaire et que la hausse va se poursuivre. Ils auront tous raison......un jour.

  • M2286010 le lundi 4 mai 2015 à 14:22

    Je suis d'accord sur le raisonnement global, par contre, je ne partage pas l'analyse sur la baisse du baril. Les entreprises pétrolières étaient couvertes contre la hausse. Les effets de la baisse commencent donc à peine à se faire sentir et malgré le rebond actuel, le baril reste tout de même inférieur de 30% au cours de 2014.

  • M1527033 le lundi 4 mai 2015 à 13:04

    Je crains fort que cette analyste n'ait raison à courte échéance, même d'ici moins d'un mois !