Acheter ou louer ? Pourquoi ces études ne servent (presque) à rien

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INTERVIEW - Si les chiffres et calculs présentés dans les études comparatives achat ou location reflètent une tendance du marché, ils ne répondent en revanche à aucune question essentielle que se pose un particulier.

«C’est le moment!», voit-on fréquemment en une des magazines et des dossiers consacrés à l’immobilier. Mais le moment de quoi? D’acheter un logement, bien entendu. Et les arguments ne manquent pas. Le site Meilleurtaux.com publiait en début de semaine une analyse portant sur 37 villes françaises afin de savoir à partir de combien d’années il est plus intéressant d’acheter que de louer sa résidence principale. De cette manière, il suffit de 17 années en moyenne pour rentabiliser l’acquisition d’un 30 mètres carrés en France et de 4 ans seulement pour un logement ancien de 70 mètres carrés.

Si ces chiffres et calculs illustrent incontestablement une facette du marché de l’immobilier français, sont-ils pour autant d’une quelconque utilité au particulier qui souhaite savoir s’il doit devenir propriétaire ou rester locataire? Michel Mouillart, économiste et professeur à l’université Paris X Nanterre nous répond.

LE FIGARO IMMOBILIER. - Pourquoi cette mode du comparatif acheter/louer revient-elle chaque année?

MICHEL MOUILLART. - Il me semble que cela correspond à ce que, dans votre profession, vous appelez un marronnier! C’est une question récurrente qui revient donc à chaque rentrée scolaire, et même souvent deux fois par an. Ces études sont assez similaires entre elles, même si chacune s’efforce de paraître original et elles sont largement reprises par la presse ... Alors que la plupart du temps, elles n’apportent pas autre chose qu’un faible éclairage pour ceux qui les consultent. Leur seul intérêt étant de donner une visibilité aux marques qui les publient et de permettre de constituer des fichiers de prospects.

Vous voulez dire qu’elles n’apportent vraiment aucune information digne d’intérêt?

Mis à part, éventuellement, les prix pratiqués dans les villes concernées et des chiffres qui sont issus de tableurs plus ou moins sophistiqués, pas grand-chose en effet! On apprend par exemple que les taux sont maintenant très bas, alors que cela est vrai depuis plus d’un an et qu’ils ont fortement reculé dès la fin 2011. On explique qu’il faut acheter dans telle ville parce que le rendement y est meilleur … Très bien. Et après? Il n’est pas certain que cela réponse aux préoccupations d’un locataire qui aspire à devenir propriétaire. Ce sont seulement des indications chiffrées globales: au même titre que dire que le PIB est de plus de 2100 milliards d’euros en France … ce n’est pas cela qui permettra à chacun de savoir s’il est riche ou pauvre.

Des chiffres qui ne sont d’aucune aide au particulier lambda?

On peut considérer que les préoccupations de ceux qui se posent des questions sur leur statut d’occupation ne sont pas que des chiffres. Et que la plupart des accédants à la propriété ne se préoccupent guère du bon rendement de leur achat!

Quelles sont-elles?

Déjà, avant que «ce soit le moment» d’acheter une résidence principale, il faut qu’un particulier dispose d’un apport personnel significatif! Sinon, bas taux ou pas, rien n’est possible pour lui. Ensuite, si apport il y a, il se préoccupera de la localisation de son achat: en fonction de son travail, de sa composition familiale (combien de pièces, un jardin, un garage) … Mais aussi puisque la plupart ont des enfants à scolariser, de la qualité des écoles, de l’environnement, des services publics d’accompagnement, ... Il recherchera donc son quartier idéal, celui qui lui correspond le mieux. Dans chaque ville, il y a des quartiers qui attirent et d’autres qui sont choisis pas défaut!... Là, on commence à répondre à l’essentiel. Et ce n’est que bien après que viendront les questions de prix, de taux, et souvent les désillusions. Et tout cela, un calculateur n’en rendra jamais compte.

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  • launor le jeudi 17 sept 2015 à 19:46

    Durée moyenne d'un nouveau contrat de travail ?