Accusations et démentis autour du dossier Alstom

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ACCUSATIONS ET DÉMENTIS AUTOUR DU DOSSIER ALSTOM
ACCUSATIONS ET DÉMENTIS AUTOUR DU DOSSIER ALSTOM

PARIS (Reuters) - L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a accusé mercredi le gouvernement, dont il a fait partie pendant plus de deux ans, d'avoir ignoré les avertissements pour le site Alstom de Belfort, accusations dont se défend l'exécutif.

Le sort de ce site, dont le groupe a annoncé la semaine passée le transfert des activités en Alsace, s'est invité dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, à laquelle cette figure de la gauche du PS s'est déclaré candidat.

Lors d'un déplacement à Belfort, l'ancien ministre, démis en août 2014 de ses fonctions en raison de désaccords avec le chef de l'Etat, François Hollande, a déclaré que l'exécutif était au courant des risques pesant sur le site de Belfort.

"A l'évidence, le gouvernement savait tout, je regrette qu'il n'ait rien fait", a dit Arnaud Montebourg.

Une accusation également portée par des élus locaux de droite mais de nouveau réfutée mercredi par le gouvernement.

Son porte-parole, Stéphane Le Foll, leur a répondu lors du compte rendu du conseil des ministres.

"Chacun avait parfaitement conscience des difficultés que pouvait rencontrer Alstom sur la question de la production de locomotives en France", a-t-il dit. "Mais l'information concernant la fermeture du site de Belfort n'a pas été donnée au gouvernement et n'a même pas été présentée à un conseil d'administration."

Stéphane Le Foll a rappelé que l'Etat, qui dispose de 20% des droits de vote au sein d'Alstom, se donnait dix jours pour trouver des solutions afin de sauver le site de Belfort, où 400 emplois sont en jeu sur les 9.000 du groupe en France.

"Il y a dix jours pour peaufiner le plan, donner des perspectives et négocier avec l'entreprise. C'est ce qu'a rappelé le président de la République ce matin", a-t-il dit.

A huit mois de l'élection présidentielle, ce dossier fait écho à l'échec du sauvetage des hauts-fourneaux de Florange, devenu pour une partie de la gauche le symbole de l'impuissance du pouvoir socialiste, voire d'une trahison.

COURRIERS

Comme le sort du site mosellan d'ArcelorMittal, le dossier Alstom a provoqué des tensions au gouvernement lors du rachat de ses activités énergie par General Electric.

Pour Florange, Arnaud Montebourg avait bataillé pour une nationalisation, à laquelle le Premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault, s'était opposé. Pour Alstom, il souhaitait un rapprochement avec l'allemand Siemens.

Son successeur à Bercy, Emmanuel Macron, a assuré qu'il n'avait jamais été question d'arrêter la production à Belfort dans les discussions entre les dirigeants du groupe et l'Etat.

"J'ai moi-même vu les responsables d'Alstom en juillet, qui ne m'en ont absolument pas parlé", a déclaré samedi à Reuters cet autre ex-ministre, qui s'était engagé en mai 2015 à ce qu'il n'y ait ni plan social ni licenciements à Belfort.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, assure que les alertes concernaient surtout le site de Reichshoffen, où Alstom a annoncé vouloir délocaliser les activités de Belfort.

Dans trois courriers adressés au gouvernement entre juin 2015 et février 2016 et obtenus par Reuters, 11 élus locaux s'inquiètent de l'impact d'un retard du renouvellement du parc des trains intercités sur l'activité de six sites du groupe.

Ces sites, dont ceux de Belfort et Reichshoffen, "pourraient connaître de graves difficultés dans les années à venir, mettant en péril des milliers d'emplois à partir de 2017", écrivent-ils ainsi le 17 juin 2015. Ils contestent notamment la procédure d'appel d'offres, plus longue, choisie par le gouvernement.

Une procédure défendue dans sa réponse, datée du 24 mars 2016, par A1ain Vidalies, qui invoque "les risques juridiques majeurs associés à la solution d'un avenant au marché existant entre la SNCF et Alstom", plus rapide.

La direction d'Alstom justifie le transfert des activités du site de Belfort, spécialisé dans la production de motrices, par un trou dans le carnet de commandes du groupe pour les années 2019-2020-2021, en attendant le lancement du TGV du futur.

François Hollande et le gouvernement se sont engagés à trouver des solutions pour combler ce trou.

Les quatre syndicats représentatifs d'Alstom appellent à débrayer le 27 septembre sur l'ensemble des sites du groupe en France.

(Jean-Baptiste Vey et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • bernerd il y a 3 mois

    Engager à trouver des solutions pour combler ce trou. Et qui va payer pour ses 400 emplois si c'est pas nous avec nos impôts taxes TVA CSG et RDS. Bien sur qu'ils vont trouvez une solution pour ce cinéma monté politiquement de toute pièce.