Accueil glacial pour Barack Obama à Bethléem

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ACCUEIL GLACIAL POUR BARACK OBAMA À BETHLÉEM
ACCUEIL GLACIAL POUR BARACK OBAMA À BETHLÉEM

par Matt Spetalnick et Ali Sawafta

JERUSALEM (Reuters) - Barack Obama s'est rendu vendredi à l'église de la Nativité, à Bethléem, au dernier jour de son voyage en Israël et dans les territoires palestiniens, placé sous le signe de l'émotion et du symbolisme.

Avant d'aller sur le lieu de naissance du Christ, le président américain s'était recueilli à Jérusalem devant le mémorial de l'Holocauste ou les tombes de Theodor Herzl et d'Yitzhak Rabin.

A Bethléem, Barack Obama a reçu un accueil aussi peu enthousiaste que la veille à Ramallah.

"Gringo, rentre dans ton pays", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un petit groupe de Palestiniens peu après le passage par le convoi présidentiel du mur de sécurité érigé par Israël autour de la Cisjordanie.

Devant l'église de la Nativité, dans laquelle Barack Obama est entré en s'inclinant par la petite Porte de l'Humilité, la place était déserte, bouclée par les services de sécurité.

Dans les rues de la ville balayées par le vent, où le président américain n'aura en tout passé que 35 minutes, les curieux n'étaient pas beaucoup plus nombreux.

Barack Obama a ostensiblement échangé quelques mots aimables avec le président palestinien? Mahmoud Abbas. Jeudi, il l'avait appelé à Ramallah à reprendre les négociations de paix avec Israël sans exiger au préalable le gel de la colonisation, ce que Mahmoud Abbas a exclu.

Le blocage du processus de paix israélo-palestinien, mais aussi la crise en Syrie, seront au menu du président américain à Amman, où il était attendu dans l'après-midi pour un entretien avec le roi Abdallah de Jordanie.

Le chef de la Maison blanche, qui entendait surtout gagner la confiance de l'opinion publique israélienne au cours de ce voyage, s'était rendu dans la matinée sur plusieurs sites symboliques de l'histoire d'Israël, dont le mémorial des victimes de l'Holocauste et le cimetière du Mont Herzl.

"PLUS DUR D'ENTREPRENDRE LA PAIX"

Les responsables américains comptaient sur ces visites pour corriger l'impression laissée par le discours de Barack Obama au Caire en 2009, lorsqu'il avait paru lier la légitimité d'un territoire juif au Proche-Orient à l'Holocauste et non à des racines plus anciennes.

Portant la kippa, Barack Obama s'est recueilli devant le mémorial de Yad Vashem, érigé à la mémoire des six millions de juifs victimes de la Shoah, après avoir ravivé la flamme éternelle, près d'une dalle commémorative qui recouvre les cendres des victimes.

"Rien ne peut être plus fort", a-t-il déclaré devant les noms des victimes répertoriés dans le hall du mémorial.

"Nous avons le choix de consentir au mal ou de réaliser notre voeu solennel - que cela ne se produise plus jamais", a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que les racines de l'Etat hébreu en Terre Sainte sont vieilles de plusieurs siècles.

"Ici sur votre terre ancienne, qu'il soit dit, pour que le monde entier l'entende, que l'Etat d'Israël n'existe pas à cause de l'Holocauste, mais que grâce à la survie d'un puissant Etat juif d'Israël un tel Holocauste ne se reproduira plus jamais", a déclaré Barack Obama.

TOMBE DE HERZL

Le président américain s'est rendu en outre sur la tombe de marbre noir de Theodor Herzl, animateur du mouvement sioniste au tournant des XIXe et XXe siècles et inspirateur de l'idée d'un Etat juif qui aboutira, en 1948, à la création d'Israël.

Barack Obama a traversé le cimetière du Mont Herzl pour déposer des pierres, comme le veut la tradition juive, sur la tombe du père fondateur du sionisme, et sur celle d'Yitzhak Rabin, l'ancien Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné en novembre 1995 par un extrémiste juif opposé au processus de paix avec les Palestiniens.

"Il est parfois plus dur d'entreprendre la paix que d'entreprendre la guerre", a déclaré Barack Obama, selon des propos rapportés par la fille d'Yitzhak Rabin, Dalia.

Pour sa première visite officielle en Israël, Barack Obama a assumé n'avoir rien de neuf à offrir pour relancer un processus de paix israélo-palestinien au point mort depuis octobre 2010.

Sur le plan de la conquête de l'opinion israélienne, il semble en revanche avoir remporté son pari, assurant l'Etat hébreu du soutien entier de son pays face à la menace constituée par le programme nucléaire iranien et à l'inquiétude suscitée par la guerre civile en Syrie voisine.

Cela ne l'a pas empêché, dans un discours prononcé jeudi, d'appeler la jeunesse israélienne à encourager la classe politique pour qu'elle prenne le risque de faire la paix avec les Palestiniens.

Avec Souleiman al Khalidi à Amman, Hélène Duvigneau et Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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