Accrochage au Mali entre l'armée française et des djihadistes

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ACCROCHAGE AU MALI ENTRE ARMÉE FRANÇAISE ET DJIHADISTES
ACCROCHAGE AU MALI ENTRE ARMÉE FRANÇAISE ET DJIHADISTES

PARIS (Reuters) - Une dizaine de combattants islamistes ont été tués au Mali lors d'un accrochage avec l'armée française le 1er octobre dans la région de Douaya, au nord de Tombouctou, a annoncé jeudi le ministère français de la Défense.

Cet accrochage a requis le déploiement de troupes au sol, un hélicoptère et "l'engagement de moyens combinés parmi lesquels figuraient les forces spéciales", a dit à la presse le porte-parole de l'état-major des forces armées, le colonel Gilles Jaron.

Informée de la présence de pick-up de "groupes terroristes armés" sur le marché d'un village au nord de Tombouctou, l'armée a dépêché un hélicoptère dont l'arrivée sur place a provoqué la fuite des combattants. Un des véhicules a ensuite été localisé et des tirs de sommation ont contraint les combattants armés à quitter le pick-up et à engager le combat.

"Quatre heures après le début de l'accrochage, il y a eu neutralisation du volume d'un groupe de terroristes, c'est-à-dire une dizaine de combattants", a ajouté le colonel Jaron.

Il s'agit du premier incident officiel survenu entre les militaires français déployés dans le cadre de l'opération au Mali et des combattants djihadistes armés depuis un mois.

Mi-septembre, un accrochage avait eu lieu près d'Amoustarat toujours dans le nord du Mali, causant la mort d'un combattant. Deux autres avaient été faits prisonniers.

On explique de source diplomatique française que ce dernier accrochage n'est pas surprenant et que les incidents pourraient se multiplier à l'approche des élections législatives, dont le premier tour est prévu le 24 novembre.

"C'est ce qu'on a toujours dit, il faut être vigilant", dit-on. "Le match n'est pas fini. La menace n'a pas disparu comme ça". Soulignant qu'il est étonnant que cela ne se soit pas produit avant, surtout avec les élections, on ajoute : "Ils ne sont pas complètement idiots, ils ont laissé passer l'orage et maintenant ils sentent qu'il y a une opportunité."

ALLÈGEMENT DU DISPOSITIF

De source proche de la Mission de maintien de la paix des Nations unies (Misma), on rapporte qu'une douzaine de pick-up de djihadistes présumés avaient été aperçus à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Tombouctou début octobre.

Selon une source touareg, plusieurs unités combattantes, des katiba, d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s'étaient rassemblées dans la région à cette même période.

Quelque 3.200 soldats français sont déployés au Mali dans le cadre de l'opération Serval lancée en janvier pour déloger des combattants islamistes qui contrôlaient les deux tiers du pays et avançaient vers la capitale, Bamako.

La relève et l'allègement du dispositif se poursuivent pour arriver à l'objectif du maintien d'une force de 1.000 hommes "à la fin du mois de janvier, début février", a dit le porte-parole de l'état-major. Jusqu'à présent, cet objectif avait été fixé pour la fin de l'année.

La mission Serval doit laisser progressivement les rênes à l'armée malienne et à la Minusma, dont l'effectif atteint aujourd'hui 5.000 hommes.

La situation sécuritaire reste fragile dans le Nord, théâtre de nouveaux affrontements fin septembre entre des soldats maliens et des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à Kidal.

La France a assuré début octobre que les troubles ne remettaient pas en cause le processus de stabilisation et de réconciliation nationale en cours.

Marine Pennetier et John Irish, avec Daniel Flynn à Dakar, édité par Yann Le Guernigou et Gilles Trequesser

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  • j.delan le jeudi 10 oct 2013 à 17:39

    "Le plus beau jour de sa vie" va se transformer en une longue punition (pardon: amicale présence)pour notre armée.

  • lorant21 le jeudi 10 oct 2013 à 17:20

    En avril, tout le monde aurait du être parti. On ne s'enlise pas mais on s'ensable.

  • bignou56 le jeudi 10 oct 2013 à 17:16

    Hollande avait dit que nous avions gagné la guerre,non?