AccorHotels mise sur le numérique et le luxe

le
0
ACCORHOTELS COMPTE SUR SON PLAN NUMÉRIQUE POUR DOPER SES RÉSULTATS
ACCORHOTELS COMPTE SUR SON PLAN NUMÉRIQUE POUR DOPER SES RÉSULTATS

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - AccorHotels mise sur le numérique et le luxe pour doper à l'horizon 2020 les résultats d'un groupe qui se sera d'ici là allégé de ses murs et profondément transformé.

Avec l'acquisition du groupe FRHI et de ses prestigieuses marques Raffles, Fairmont et Swissôtel qui dégagent des marges deux à trois fois plus élevées que l'hôtellerie économique, AccorHotels estime que le luxe représentera plus de 50% de ses résultats d'ici à 2020-2021, contre environ 15% aujourd'hui, a déclaré mercredi son PDG Sébastien Bazin à l'occasion d'une journée investisseurs.

"D'ici là, le groupe aura cédé HotelInvest (son pôle immobilier) et sera devenu un pur opérateur de marques, dont la valeur prendra alors toute son importance", a-t-il dit.

L'intégration de FRHI se déroule conformément aux prévisions, a précisé Chris Cahill, nouveau responsable des marques de luxe du groupe.

AccorHotels avait chiffré à 65 millions d'euros les synergies de coûts et de revenus de l'intégration de FRHI à partir de la deuxième année suivant l'acquisition.

Sébastien Bazin a également estimé que le plan numérique lancé en 2014 permettrait de tripler d'ici trois à quatre ans le volume d'affaires (chiffre d'affaires et revenus des franchisés) du groupe, qui totalise aujourd'hui 12 milliards d'euros.

Interrogé sur l'évolution de ses relations avec son actionnaire Jin Jiang, Sébastien Bazin a estimé qu'il n'y avait "rien de nouveau" et indiqué qu'un point d'étape serait fait avec lui la semaine prochaine.

CONFIANT POUR PARIS

AccorHotels tente de trouver la parade face aux appétits du géant hôtelier chinois, actionnaire à 12,6% du groupe.

Jin Jiang a approché les fonds Eurazeo et Colony Capital pour leur racheter leurs parts (10,1% de concert), provoquant la réaction des pouvoirs publics français, inquiets de voir encore un fleuron local menacé de passer sous pavillon étranger.

Sébastien Bazin s'est refusé à tout commentaire sur l'activité de l'été, le groupe publiant son chiffre d'affaires du troisième trimestre le 18 octobre.

Il a indiqué que la "destination France" resterait "à risque" tant que les problèmes de sécurité ne seraient pas résolus, tout en se disant "très confiant" quant à la résilience de Paris et sa capacité à rester, dans le temps, parmi les trois premières destinations touristiques du monde.

Le revenu par chambre (principale mesure d'activité du secteur) a chuté de 6% et 13,4% respectivement en juillet et août en France, selon le cabinet MKG. A Paris, le décrochage a atteint 31,5%.

La France compte encore pour environ 30% du résultat d'exploitation d'AccorHotels.

Le groupe est aussi en plein mutation. Outre le rachat de FRHI pour combler ses manques dans le segment du luxe, il a engagé la cession d'une part majoritaire de HotelInvest, son pôle de gestion immobilière regroupant les murs des hôtels.

Dans le même temps, il a multiplié les acquisitions défensives pour mieux affronter la concurrence des plates-formes de partage, Airbnb en tête, qui déstabilisent le modèle de l'hôtellerie traditionnelle.

Il a racheté le britannique Onefinestay, pris des participations dans Oasis Collections et Squarebreak, plates-formes spécialisées dans la location d'appartements ou de maisons haut de gamme, et a acquis en juillet 80% de la conciergerie John Paul.

Il vient aussi d'annoncer qu'il allait se lancer sur le marché très porteur des auberges de jeunesse avec une nouvelle marque baptisée Jo&Joe.

En Bourse, le titre AccorHotels cède 1,95% à 35,12 euros à 11h, dans un marché en baisse (-0,6% pour l'indice CAC 40).

(Edité par Dominique Rodriguez)


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant