Accord sur une baisse des prix à La Réunion après les violences

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SAINT-DENIS DE LA REUNION (Reuters) - Les prix des carburants et de 60 produits de grande consommation vont baisser à La Réunion, théâtre la semaine dernière de plusieurs nuits de violences contre "la vie chère".

Les collectivités, importateurs, producteurs locaux et la grande distribution ont conclu mardi un accord en ce sens au terme de quatre jours de discussions.

La baisse des prix des 60 produits retenus sera effective à partir du 12 mars dans les grandes surfaces de l'île. Il s'agit de 48 produits alimentaires et 12 produits non-alimentaires.

Les baisses iront de 7% pour la baguette de pain à 40% pour du poulet découpé et ces prix seront valables jusqu'à la fin 2012.

Les fournisseurs, les distributeurs et le conseil général supporteront financièrement ces rabais dans des proportions variables.

Le conseil général réservera son effort à la production locale, en compensant en partie le manque à gagner des agriculteurs et des industries agroalimentaires, pour un montant global estimé à 5 millions d'euros. Un représentant de la grande distribution estimait mardi soir à un montant équivalent l'effort consenti par les enseignes.

La baisse des prix des carburants interviendra dès jeudi et sera de 8 centimes pour le litre, donnant un prix à la pompe de 1,58 euro pour l'essence et de 1,21 euro pour le gazole. Cette baisse sera répercutée jusqu'à la fin de l'année sur les réajustements mensuels qui régissent les prix des hydrocarbures à La Réunion.

30% DE CHÔMAGE

L'effort sera supporté financièrement par le conseil régional et les communes, à hauteur de 6 centimes par litre, la chambre de commerce et les compagnies pétrolières intervenant à hauteur de 1 centime chacune. Au total, il devrait coûter 29,2 millions d'euros aux collectivités, sous forme de renoncement à la perception de l'octroi de mer, une taxe spécifique aux DOM.

Une baisse du coût de l'électricité pour les familles les plus démunies est par ailleurs en préparation.

Le conseil général accordera une aide de 90 à 120 euros par an aux adultes handicapés, aux bénéficiaires du minimum vieillesse et aux travailleurs gagnant moins de 1,4 smic. Avec l'aide de l'Etat et du conseil général, EDF visera de son côté à étendre son tarif "social" à 10.000 bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (48.000 d'entre eux paient déjà ce tarif réduit déjà dans l'île).

Ces décisions interviennent après plusieurs nuits de violences dans une dizaine de villes réunionnaises, "signes évidents d'un malaise social" selon Didier Robert, le président (UMP) du conseil régional.

Le taux de chômage sur l'île est de 30%.

Première voix discordante, le Parti communiste réunionnais a déploré l'intervention de l'argent public local pour faire baisser les prix et demande à l'Etat "d'assumer ses responsabilités, en relation avec la grande distribution, les pétroliers ou EDF".

Bernard Grollier, édité par Sophie Louet

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