Accord sur un texte a minima au sommet Rio+20

le
0

par Nina Chestney et Valerie Volcovici

RIO DE JANEIRO (Reuters) - Les négociateurs de plus de 190 pays présents au sommet Rio+20 se sont entendus mardi sur un projet de déclaration dont le contenu est jugé bien trop faible par les organisations non gouvernementales.

Ce texte ne définit pas les objectifs censés être débattus au cours de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, organisée à partir de mercredi à Rio de Janeiro, 20 ans après le sommet de la Terre dans cette mégalopole brésilienne. Il ne fixe pas non plus de calendrier précis.

"Le fait que personne dans cette pièce où est adoptée le texte n'est content est révélateur. Cela prouve à quel point il est creux", a commenté sur Twitter la commissaire européenne pour le climat, Connie Hedegaard.

Le texte comprend "trop de 'prend note' et 'réaffirme' et trop peu de 'décide' et 's'engage'", a-t-elle ajouté.

Vingt ans après le sommet de la Terre, qui a fait surgir au premier rang des préoccupations internationales les thèmes du changement climatique ou de la préservation des espèces, le sommet Rio+20 est censé permettre une définition d'"objectifs de développement durable" pour guider l'action publique à travers le monde dans les domaines économique, social et écologique.

Mais ces questions semblent désormais reléguées au second rang dans l'esprit des dirigeants de la planète, accaparés par la crise économique.

Des chefs d'Etat et de gouvernement, parmi lesquels les présidents français François Hollande et russe Vladimir Poutine, sont désormais attendus à Rio et pourraient amender le projet de déclaration, ce dont les observateurs doutent.

"Ce sommet pourrait être terminé avant même d'avoir commencé. Les dirigeants qui arrivent ce soir doivent le relancer. Rio+20 devrait être un tournant", a dit Stephen Hale, porte-parole d'Oxfam.

"On ne voit aucun signe en ce sens. Près d'un milliard de personnes souffrent de la faim et elle méritent mieux."

Le projet de déclaration n'inclut pas de clause invitant les gouvernements à supprimer progressivement les subventions aux carburants fossiles, qui ont quasiment triplé depuis 2009 malgré l'engagement des pays du G20 à les éliminer.

La disparition progressive de ces subventions d'ici 2020 permettrait de réduire la demande énergétique mondiale annuelle de 5% et les émissions de dioxyde de carbone de près de 6%, selon l'Agence internationale de l'Energie.

Bertrand Boucey pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant