Accord sur un renforcement de la sécurité en Europe

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* Les ministres de l'Intérieur de l'UE étaient réunis une semaine après les attentats de Paris * Accord sur le fichier PNR, la lutte contre les trafics d'armes et les contrôles aux frontières extérieures * Appel à une meilleure coordination des services de renseignements par Francesco Guarascio et Alastair Macdonald BRUXELLES, 20 novembre (Reuters) - Les ministres européens de l'Intérieur, réunis à Bruxelles une semaine après les attentats à Paris, se sont mis d'accord vendredi pour partager les données sur les passagers aériens via le fichier PNR, juguler les trafics d'armes à feu et renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l'Europe. Le ministre français, Bernard Cazeneuve, avait réclamé dimanche dernier une réunion en urgence du conseil "justice et affaires intérieures" de l'UE pour prendre des mesures censées prévenir le risque d'attaques sur le sol européen. "Sur les trois points que la France a souhaités porter à l'ordre du jour de notre réunion, l'Europe s'est accordée. Et notre pays a donc été entendu", a-t-il dit à l'issue de la réunion. "Nous avons donc pris aujourd'hui des décisions fortes et opérationnelles avec des résultats qui doivent advenir avant la fin de l'année sur les trois principaux sujets: le PNR européen, les armes à feu et le renforcement des contrôles aux frontières extérieures", a-t-il ajouté. La France plaidait en particulier pour l'instauration de ce Passenger Name Record, un fichier conservant la trace des déplacements en avion des voyageurs. Sa création est pour l'instant bloquée par le Parlement européen, qui s'inquiète des menaces qu'il pourrait représenter pour les libertés publiques. Il doit permettre, a souligné Cazeneuve, "de tracer les déplacements des personnes qui cherchent à nous attaquer". "Les vols intra-européens devront être obligatoirement inclus dans le PNR et la durée de conservation des données avant masquage suffisamment longue", a-t-il ajouté, parlant d'un an. Les ministres ont formé l'espoir qu'un accord serait trouvé d'ici la fin de l'année. "Nous devons savoir qui vole vers l'Europe, qui revient en Europe", a dit l'Allemand Thomas de Maizière, évoquant la présence de milliers de djihadistes européens dans les territoires contrôlés par l'organisation Etat islamique (EI). Au moins deux des djihadistes impliqués dans les attentats de Paris qui ont fait 130 morts vendredi à Paris et aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, sont passés par la Syrie. L'URGENTE DU PARTAGE DES INFORMATIONS La réunion de vendredi a servi à avaliser des décisions prises dans le courant de la semaine. Le projet d'accord, consulté dès jeudi par Reuters, prévoit notamment la mise en oeuvre de "contrôles systématiques et coordonnés aux frontières extérieures, y compris pour les individus bénéficiant du droit à la libre circulation". Pour l'heure, les douaniers se contentent bien souvent d'un simple contrôle visuel des passeports des ressortissants des 26 Etats membres de l'espace Schengen, dont 22 appartiennent à l'Union européenne, lorsqu'ils en sortent ou lorsqu'ils y entrent. ID:nL8N13F1CO En vertu des nouvelles dispositions entérinées vendredi, des vérifications plus poussées seront menées, avec recoupement avec les bases de données judiciaires ou celles des services de sécurité. Une partie des membres de la cellule a pu mettre à profit l'afflux de réfugiés fuyant la Syrie pour entrer dans l'espace européen. Frontex, l'agence chargée du contrôle des frontières extérieures de l'UE, devrait obtenir un mandat renforcé pour contribuer à la lutte contre le terrorisme. A son arrivée à Bruxelles, De Maizière a souligné qu'il était vital que les services européens de renseignement coopèrent mieux dans le partage des informations. Nombre de ses homologues ont exprimé le même engagement. Et Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé des Affaires intérieures et des Migrations, a annoncé que la Commission européenne proposerait la création d'une "agence européenne du renseignement". Mais le projet s'inscrit dans le long terme, a-t-il précisé. "C'est un concept idéal (...) Il n'est pas sur la table pour le moment", a-t-il dit à la presse, ajoutant que le plus urgent était d'améliorer le partage des informations et des renseignements. (avec Simon Carraud à Paris; Henri-Pierre André pour le service français)

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