Accord sur la Grèce à l'Eurogroupe, nouvelles réformes en vue

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    * Les experts des créanciers vont repartir pour Athènes 
    * De nouvelles réformes sur les retraites, l'impôt sur le 
revenu, le marché du travail 
    * Le FMI fera ensuite une évaluation de la dette 
 
 (Actualisé avec fin de l'Eurogroupe, conférence de presse) 
    par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 20 février (Reuters) - La Grèce et ses bailleurs 
de fond se sont mis d'accord lundi sur le retour à Athènes d'une 
équipe d'experts chargés de négocier de nouvelles réformes 
touchant aux retraites, à l'impôt sur le revenu et au marché du 
travail et susceptibles de permettre le déblocage de nouveaux 
prêts à taux très faibles, ont annoncé les responsables de la 
zone euro.  
    Athènes a besoin d'une nouvelle enveloppe dans le cadre du 
plan d'aide conclu en 2015 afin de faire face à ses prochaines 
échéances de dette, mais la dernière mission d'experts dépêchée 
à Athènes s'est achevée dans la tension à la fin de l'an dernier 
sans permettre la conclusion d'un accord. 
    Un responsable grec a précisé lundi que les nouvelles 
réformes seraient neutres du point de vue budgétaire et qu'elles 
s'appliqueraient début 2019, une fois le plan d'aide en cours 
arrivé à son terme. 
    Les experts de la Commission européenne, de la Banque 
centrale européenne (BCE), du Mécanisme européen de stabilité 
(MES) et du Fonds monétaire international (FMI) devraient 
arriver très vite dans la capitale grecque, a déclaré le 
président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à l'issue d'une 
réunion des ministres des Finances de la zone euro. 
    Il a précisé qu'il y aurait "une évolution de l'orientation 
politique, peut-être en s'éloignant de l'austérité pour mettre 
davantage l'accent sur des réformes de fond, qui constituent un 
élément clé pour le FMI". 
    L'accord de lundi découle en effet d'un compromis entre les 
positions divergentes du FMI, de la zone euro et de la Grèce sur 
la manière de rendre l'économie grecque plus efficace et 
d'assurer la viabilité des finances publiques. 
    Le FMI estime que le système de retraites doit être réformé 
plus profondément qu'il ne l'a été jusqu'à présent, alors que le 
gouvernement grec refuse catégoriquement de rouvrir ce dossier. 
    Pour la zone euro, les réformes prévues jusqu'à présent sont 
suffisantes pour permettre à la Grèce d'atteindre durablement 
l'objectif d'un excédent budgétaire primaire (c'est à dire hors 
service de la dette) de 3,5% du produit intérieur brut à partir 
de 2018 alors que pour le FMI, cet excédent ne sera que de 1,5%, 
ce qui impose des réformes de la fiscalité et du marché du 
travail. 
     
    PAS DE MONTANT POUR LES NOUVELLES RÉFORMES 
    L'accord de lundi, s'il constitue une avancée, ne précise 
pas de quelle ampleur devront être les nouvelles économies 
censées découler des futures réformes. 
    "Je ne peux pas donner un chiffre parce que les chiffres 
n'arrêtent pas d'évoluer et que certaines discussions sur les 
chiffres se poursuivent, dont le montant final devra être défini 
pendant la revue", a dit Dijsselbloem. 
    Une fois conclu le futur accord sur les réformes, le FMI 
procédera à une nouvelle évaluation de la soutenabilité de la 
dette grecque, afin de juger si un allègement du fardeau de la 
dette publique est nécessaire, et d'en fixer le montant 
éventuel. 
    Au stade actuel, le FMI prône un allègement important de ce 
fardeau, ce qui impliquerait que les créanciers renoncent à une 
partie des remboursements qui leur sont théoriquement dus, ce 
que conteste la zone euro. 
    "La question de la soutenabilité de la dette se posera de 
nouveau quand l'ensemble du paquet de réformes fera l'objet d'un 
accord", a dit Dijsselbloem. 
    "Si le FMI peut dire à ce moment-là que le budget sera 
soutenable sur ces bases et que ces réformes soutiendront la 
reprise, alors l'analyse de la dette pour les années à venir 
sera beaucoup plus positive." 
    Les discussions sur la marche à suivre pour resserrer les 
liens traînent en longueur depuis et l'approche d'élections aux 
Pays-Bas puis en France ne fait que compliquer la situation, en 
dissuadant les responsables européens de faire des concessions à 
Athènes de crainte de donner des arguments aux eurosceptiques. 
    Certains responsables de la zone euro s'efforcent toutefois 
de rassurer en expliquant que la Grèce n'aura réellement de 
liquidités qu'en juillet, lorsqu'elle doit honorer des échéances 
de 7,2 milliards d'euros. 
    "Aucun versement n'est nécessaire en mars, avril ou mai", a 
dit Jeroen Dijsselbloem. "Il n'y a pas de problème de liquidités 
à court terme en Grèce mais nous avons tous un sentiment 
d'urgence à cause du problème clé, qui est la confiance." 
    Il a précisé que si les nouvelles réformes que négocieront 
les experts avec Athènes permettent à la Grèce de dépasser les 
objectifs budgétaires, le gouvernement grec pourra consacrer les 
ressources ainsi dégagées au soutien à la croissance.  
     
 
 (avec Waverly Coleville, Robert-Jan Bartunek, Tom Koerkemeier 
et Renee Maltezou; Marc Angrand pour le services français) 
 
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