"Accord sur l'emploi : amélioration ou régression ?" - Le débat de la semaine avec le Cercle des économistes (Olivier Pastré)

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L'accord sur la sécurisation de l'emploi négocié par le patronat et les syndicats est historique. Progrès pour les uns, recul pour les autres... Hélas, les médias ne se sont focalisés que sur un point du texte selon l'économiste Olivier Pastré.

Cet accord met en cause le rôle des médias parce que ceux-ci, une fois de plus, ont braqué leurs projecteurs sur un aspect seulement du texte, celui touchant à l'encadrement du travail à temps partiel. Cet aspect, plus « grand public » en apparence, n'a de sens que pris dans son contexte. Or ce contexte est historique. C'est la première fois depuis longtemps qu'un accord social d'une certaine envergure est signé en France sans que l'État tienne la main des signataires. Le dialogue social dans notre pays a ceci de particulier qu'il ne se nourrit généralement que sous l'aile protectrice de la puissance publique. Pour que cet accord soit signé, l'État a, certainement, « mouillé sa chemise » en coulisse, mais n'est plus intervenu directement dans la négociation. C'est un progrès.

On aurait pu, certes, espérer un accord signé plus tôt, par plus d'organisations syndicales et couvrant plus de terrain. Mais l'important reste qu'il ait été signé. Certains intégristes, de tous bords, pourront dénoncer un accord trop favorable aux syndicats ou, au contraire, au patronat. C'est bien la preuve que le document final est relativement équilibré.

Les entreprises y ont gagné la possibilité de négocier sur la durée du travail et les salaires dans un cadre simplifié et de manière décentralisée. De même, les plans sociaux, véritables rochers de Sisyphe pour les DRH, se sont vus, sous certaines conditions, pérennisés. A l'inverse, les salariés, outre la généralisation des complémentaires santé (ce qui touche, accessoirement, 3,3 millions de salariés) et leur participation accrue à la gouvernance des entreprises, ont obtenu un meilleur encadrement du travail à temps partiel et, surtout, un élargissement du périmètre d'obtention de leurs « droits rechargeables ». A une époque - qui va se prolonger - où les salariés ne sont plus propriétaires de leur emploi, ils doivent être propriétaires de certains droits accumulés au fil de leur vie professionnelle. Pour que la flexibilité ne se transforme pas en précarité, la « portabilité » des droits du salarié constitue ainsi un enjeu majeur pour le dialogue social. C'est le mérite de cet accord d'avoir fait un pas dans ce sens.

En espérant que le Parlement, soumis à des pulsions démagogiques, ne vienne pas « détricoter » ce qui a été si patiemment négocié.

Olivier Pastré


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Olivier Pastré est professeur à l'Université de Paris VIII, Président d'IM Bank (Tunisie), membre de la Commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations, conseiller scientifique de la Revue d'économie financière et membre du Conseil scientifique de l'Autorité des marchés Financiers. Agrégé des Facultés de Droit, il est titulaire d'un Master of Arts in Economics de l'Université de Rhode Island, il est également Administrateur de l'Association des directeurs de banque, professional fellow de l'Institut europlace de finance, administrateur de CMP Banque. En plus des chroniques qu'il assure sur France Culture et sur Arte il dirige une collection aux Editions Fayard.
Ses principaux domaines d'expertise sont l'Euro ; la banque ; la finance ; la gouvernance d'entreprise.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

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  • motz le mardi 12 mar 2013 à 17:24

    Un de plus qui fait partie des "bavasseurs" à propos d'économie, comme tous ceux des différents cercles qui s'abreuvent aux différents média. Nous n'avons pas besoin de ces gens là, nous sommes à même de nous faire notre opinion, et elle ne sera pas plus fausse. De toute façon l'économie c'est simple travail + épargne et comme ça on y arrive !

  • M4757144 le mardi 12 mar 2013 à 10:38

    vous ne donneez pas la recette a hollande pourtant lui aussi afait de hautes etudes ? et entoure de conseillers geniaux ? passez aux actes et decollez de la chaise en velours

  • sprevos5 le mardi 12 mar 2013 à 10:25

    http://auxinfosdunain.blogspot.fr/2013/03/ils-ne-font-meme-plus-semblant.html

  • M4757144 le mardi 12 mar 2013 à 09:47

    bjr comment se fait il qu'autant d'experts comme vous monsieur qui pretendez avoir le savoir et lers solutions , n'ont pas reussi depuis des decennies a regler ces problemes , car a voir vous etes barde de dimplomes et reconnaissances je voudrais bien voir tous les pretendus specialistes aux commandes d'une PME pour nous montrer leur capacite ? mes ompots ont servis en partie a payer vos etudes dans les ecoles pour quel rendement , dessolant

  • M8725649 le mardi 12 mar 2013 à 00:57

    Un accord pour sécuriser l'emploi consistant à licencier plus facilement. Trop fort !

  • mlaure13 le lundi 11 mar 2013 à 17:55

    En espérant que le Parlement, soumis à des pulsions démagogiques, ne vienne pas « détricoter » ce qui a été si patiemment négocié?...DETRICOTER ?... ils ne savent faire que C0 !...Ils sàont trop restés dans l'opposition et se comportent et se comporterons comme tels !...

  • M5579611 le lundi 11 mar 2013 à 14:16

    Tout cela est du pipeau: les syndicats signataires ne sont pas représentatifs (moins de 10% des votes) et les syndicats refusant l'accord le sont (plus de 50% des votes).Cet accord serait un deni de democratie

  • illuss le lundi 11 mar 2013 à 12:29

    On a rien compris mais c'est trés bien écrit

  • faites_c le lundi 11 mar 2013 à 12:12

    "Ses principaux domaines d’expertise sont l’Euro ; la banque ; la finance ; la gouvernance d’entreprise."On se demande bien alors pourquoi il donne son avis sur un accord qui n'entre absolument pas dans ses domaines de compétences.Heureusement que Bourso connaissait cette personne car perso c'est un illustre inconnu! Si bourso le souhaite, mon voisin, citoyen lambda, peut assurer le débat de la semaine prochaine!!!