Accord pour la reprise des sites d'aluminium de Rio Tinto

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SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE (Savoie) (Reuters) - Le groupe allemand Trimet a signé samedi un accord en vue de la reprise au géant minier Rio Tinto Alcan des sites d'aluminium de Saint-Jean-de Maurienne (Savoie) et Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), avec à la clé la sauvegarde de plus de 500 emplois.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, venu pour l'occasion avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, a salué "le comportement exemplaire" du groupe anglo-australien, qui a accepté de céder des installations dont il avait annoncé début 2012 son désengagement.

"Il s'agit d'un succès parce que nous avons une stratégie industrielle. Nous avons trouvé les bonnes méthodes pour éviter nos déconvenues dans l'acier pour avoir un succès dans l'aluminium", a-t-il dit après avoir été acclamé par les salariés du site.

Dans un communiqué, Rio Tinto a indiqué qu'il répondrait à l'offre ferme que lui a soumise Trimet, dont les termes sont confidentiels, après consultation des comités d'entreprise des deux établissements.

Mais il se félicite du "dialogue constructif" mené avec Trimet -le premier groupe d'aluminium allemand- et le gouvernement français pour ce projet de cession, qui associe EDF et la Banque publique d'investissement.

Saint-Jean-de-Maurienne a produit en 93.000 tonnes d'aluminium et emploie 480 personnes, ce qui en fait le premier site industriel de la vallée de la Maurienne, berceau de l'aluminium en France.

PECHINEY FRANCO-ALLEMAND

Castelsarrasin, un centre de coulée spécialisé dans les fils d'aluminium pour applications mécaniques et opérations de soudage, compte 35 employés.

Le gouvernement s'est chargé lui-même de la recherche d'un repreneur pour éviter la disparition du site de Saint-Jean-de- Maurienne, propriété de l'ancien groupe Pechiney avant son rachat par le canadien Alcan, lui-même à son tour absorbé par Rio Tinto.

Arnaud Montebourg a évoqué la constitution d'un "Pechiney franco-allemand", qui associe aussi EDF en raison du contrat d'électricité du site, ce dernier devant être renouvelé en 2014.

Pour Eric Massat, délégué CFDT de Rio Tinto, "c'est un vrai partenaire industriel et pas seulement financier", qui va reprendre Saint-Jean-de-Maurienne. "On va pouvoir continuer l'aluminium en France', s'est-il réjoui.

"Nous sommes très satisfaits, c'est un vrai bon dossier", a estimé pareillement Roger Favier, maire de la commune du Châtel, qui voit dans l'accord signé samedi le début "de la création d'un vrai consortium en Europe qui va permettre la défense de la filière aluminium".

Elle permettra d'entrer dans la phase de négociations sociales de la vente, un premier comité central d'entreprise étant prévu le 18 juillet sur le sujet.

Selon le ministère du Redressement productif, "le projet industriel qui sera mis en ?uvre par un investissement de plus de 200 millions (d'euros) sur six ans sera accompagné dans le temps par l'Etat, notamment avec la Banque publique d'investissement."

Yann Le Guernigou, avec pool à Saint-Jean de Maurienne et Catherine Lagrange à Lyon

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