Accord pour geler la production de pétrole, mais sous conditions

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LE QATAR, L'ARABIE SAOUDITE, LA RUSSIE ET LE VENEZUELA S'ACCORDENT POUR GELER LEUR PRODUCTION, SOUS CONDITIONS
LE QATAR, L'ARABIE SAOUDITE, LA RUSSIE ET LE VENEZUELA S'ACCORDENT POUR GELER LEUR PRODUCTION, SOUS CONDITIONS

par Rania El Gamal

DOHA (Reuters) - Quatre des principaux pays producteurs de pétrole ont annoncé mardi avoir conclu un accord pour geler leur production de brut à son niveau de janvier afin de réduire l'engorgement du marché, mais à condition d'être suivis par d'autres grands producteurs, alors que l'Iran, entre autres, entend au contraire augmenter ses pompages.

Les ministres du Pétrole du Qatar, d'Arabie saoudite, de Russie et du Venezuela se sont retrouvés à Doha pour une réunion impromptue à huis clos, la première à un tel niveau de responsabilité depuis plusieurs mois, afin de tenter de soutenir le prix du baril, tombé le mois dernier à son plus bas niveau depuis 12 ans.

Le ministre qatari, Mohammad bin Saleh al Sada, a estimé lors d'une conférence de presse que le gel de la production devrait permettre de stabiliser le marché pétrolier.

Son homologue saoudien, Ali al Naïmi, a déclaré quant à lui espérer que cet accord serait adopté par d'autres producteurs de l'Opep et extérieurs à l'organisation.

"La raison pour laquelle nous nous accordons sur un gel potentiel de la production est simple: c'est le début d'un processus que nous évaluerons au cours des prochains mois et nous déciderons si nous avons besoin d'autres mesures pour stabiliser et améliorer le marché", a ajouté Ali al Naïmi.

"C'est très important, nous ne voulons pas de fluctuations fortes des cours, nous voulons répondre à la demande. Nous voulons un prix du pétrole stable."

LE BARIL RÉDUIT SES GAINS

Le ministre vénézuélien, Eulogio Del Pino, a précisé qu'il se rendrait mercredi à Téhéran pour des discussions avec ses homologues iranien et irakien. L'Iran et l'Irak, qui souhaitent augmenter leur production cette année, sont considérés comme les principaux obstacles à une réduction sensible de la production globale.

L'Iran veut notamment regagner des parts de marché perdues pendant les années durant lesquelles il a subi des sanctions économiques internationales, levées en janvier.

Côté russe, un porte-parole de la compagnie publique Rosneft a salué l'accord tout en estimant qu'il était trop tôt pour en tirer des conclusions.

La réunion de Doha s'est tenue après 18 mois de baisse des cours du brut, passés de plus de 100 dollars le baril mi-2014 à moins de 30 dollars le mois dernier.

Les espoirs d'une initiative concertée des grands producteurs ont favorisé leur rebond ces derniers jours mais la hausse s'est nettement réduite après l'annonce des conclusions de la réunion de Doha: le Brent est repassé sous 34,50 dollars le baril, ramenant sa hausse à un peu plus de 3%, alors qu'il avait dépassé 35,50 dollars en début de journée.

"La réunion avait suscité des attentes fortes d'une réduction de la production mais s'est achevée sur une déception", commente Naeem Aslam, responsable de l'analyse d'Ava Trade.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Véonique Tison)

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