Accord peu probable ce vendredi au sommet de Bruxelles

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PROPOSITION DE RÉDUCTION DES COUPES SUR LA PAC
PROPOSITION DE RÉDUCTION DES COUPES SUR LA PAC

par Emmanuel Jarry et Julien Ponthus

BRUXELLES (Reuters) - Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a suspendu le sommet de Bruxelles consacré au cadre budgétaire 2014-2020 jusqu'à vendredi midi pour donner le temps aux dirigeants des Vingt-Sept d'examiner ses nouvelles propositions.

La plupart des chefs d'Etat et de gouvernement jugeaient cependant peu probable, à l'issue d'un premier tour de table, la conclusion d'un accord en cette fin de semaine et prédisaient l'ajournement des discussions jusqu'à un futur sommet.

"C'est le plus probable, c'est ce que tout le monde a à peu près dans la tête", a déclaré le président français François Hollande à la presse après la suspension des travaux, peu après minuit.

"Mais il faut aller jusqu'au bout dans un premier temps pour que, après, on sache exactement sur quoi la négociation achoppe et doit se rouvrir", a-t-il ajouté.

La chancelière allemande Angela Merkel a également émis des doutes sur la possibilité d'avancer vers un compromis vendredi, ce qui rendrait inutile une prolongation du sommet le lendemain.

La principale pierre d'achoppement demeure le montant de l'enveloppe du budget communautaire pour les années 2014-2020, à quoi s'ajoutent des divergences persistantes sur sa répartition et les "rabais" accordés à certains pays, Royaume-Uni en tête.

Après avoir reçu toute la journée en tête à tête les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, ce qui a retardé le début du Conseil européen de près de trois heures, Herman Van Rompuy leur a présenté en fin de soirée un nouveau projet.

Il maintient sa proposition d'une enveloppe d'un peu plus de 980 milliards d'euros, soit 75 à 80 milliards en moins que le projet initial de la Commission européenne.

Il a ainsi rejeté les exigences des Britanniques et de leurs alliés suédois ou néerlandais, qui réclament des coupes beaucoup plus substantielles. Il a en revanche fait un geste à l'adresse des pays qui défendent la politique agricole commune (PAC) et les fonds de cohésion, comme la France, l'Italie et la Pologne.

Selon François Hollande, il a accepté de réduire de huit milliards d'euros les coupes budgétaires proposées pour la PAC, dont le président français juge cependant le niveau encore insatisfaisant pour la France.

Le président français s'est en revanche félicité de la proposition d'Herman Van Rompuy de réduire de dix milliards d'euros les coupes proposées dans les fonds de cohésion.

"PAS UN DRAME"

Pour François Hollande comme pour le président du Parlement européen, Martin Schulz, l'enveloppe budgétaire proposée par le président du Conseil européen représentent le maximum de ce que peuvent accepter les eurodéputés.

"Ce dont je suis sûr, c'est que s'il y avait une proposition qui était en-dessous du chiffre présenté aujourd'hui par M. Van Rompuy, il est peu probable que le Parlement approuve", a ainsi estimé le président français.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, était arrivé à Bruxelles avec la ferme intention de "négocier très durement" pour défendre les intérêts des contribuables du Royaume-Uni.

Selon une source européenne, il aurait cependant assoupli sa position lors de son tête-à-tête avec Herman Van Rompuy: il ne demanderait plus de ramener le budget 2014-2020 de l'UE à 886 milliards d'euros mais à 930 milliards.

Ce chiffre reste cependant beaucoup trop éloigné de celui du président du Conseil européen pour être acceptable par la grande majorité des pays de l'UE.

David Cameron a en outre défendu bec et ongles le "rabais" arraché de haute lutte par Londres en 1984 sur la contribution du Royaume-Uni, et désormais acquis, de l'aveu même de François Hollande.

"Mais ce qui est négociable, c'est qui paye", a tempéré le président français qui demande, comme l'Italie et d'autres Etats une remise à plat de "tous les chèques, rabais et ristournes" accordés à certains pays de l'UE, en plus du Royaume-Uni.

Les Vingt-Sept se retrouveront vendredi à la mi-journée après une nuit de réflexion pour un nouveau tour de table, à l'issue duquel ils décideront s'il y a lieu de prolonger le sommet de Bruxelles ou s'il vaut mieux reprendre rendez-vous dans quelques semaines ou quelques mois.

"Ce n'est pas un drame si on n'arrive pas à un accord demain puisqu'on sait qu'on a du temps", a estimé François Hollande.

Une volonté de dédramatiser les négociations sur le budget communautaire partagée par nombre d'autres dirigeants européens, dont la chancelière allemande.

"Je pense que nous irons un peu de l'avant demain mais je doute que nous obtenions un résultat", a dit Angela Merkel. "Il y a une forte probabilité d'une deuxième étape."

Edité par Julien Dury

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