Accord peu probable à court terme sur le nucléaire iranien

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(Actualisé avec démenti de la Maison blanche sur un projet d'accord § 4) par John Irish et Parisa Hafezi LAUSANNE, Suisse, 19 mars (Reuters) - Les négociations sur le programme nucléaire iranien ont peu de chances d'aboutir à court terme, a estimé jeudi un négociateur européen, selon lequel les positions des grandes puissances et de Téhéran sont encore trop éloignées. "Contrairement à ce que les Iraniens disent, à savoir que 90% est fait (...), on n'est pas proche d'un accord. On en est même assez loin. Il reste beaucoup de sujets à régler. L'Iran doit faire des concessions substantielles sur les différents dossiers importants", a déclaré le diplomate qui a souhaité rester anonyme. "Nous abordons les questions délicates mais nous faisons des progrès", a quant à lui assuré le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui se trouve à Lausanne, où se déroulent les pourparlers. Le porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest a par ailleurs démenti l'information, avancée par plusieurs responsables occidentaux, selon laquelle un projet d'accord avec des points entre crochets avait été mis en circulation. Téhéran et le groupe "P5+1", qui réunit les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Russie et la Chine, se sont fixé pour objectif de parvenir avant la fin du mois à un accord de principe sur l'encadrement du programme nucléaire iranien, en vue d'un règlement définitif du contentieux d'ici à la fin juin. Ali Akbar Salehi, directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a assuré mardi que des détails techniques étaient réglés à 90%. Il a ajouté qu'un ou deux points restaient en suspens, ce que le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hamid Baidinejad a confirmé jeudi, évoquant notamment les recherches sur les centrifugeuses. "Nous discutons encore du point recherche et développement et d'autres sujets, à la fois techniques et politiques", a-t-il reconnu. Le point "recherche et développement est devenu un sujet critique et difficile. Il n'y aura pas d'accord, sauf si les Iraniens lâchent", a quant à lui souligné le diplomate européen cité plus haut. Le nombre de centrifugeuses que l'Iran serait autorisé à conserver figure depuis le début au centre des discussion. Côté occidental, on souhaite qu'il soit ramené aux alentours de 6.000. La République islamique en possède 20.000, dont la moitié sont opérationnelles. La durée de l'accord pose également problème, dit-on de sources occidentales. Dans un entretien accordé à Reuters le 2 mars, Barack Obama a dit souhaiter que le programme nucléaire iranien soit encadré pendant dix ans, or la France souhaite que ces mesures s'étalent sur quinze ans, selon le même diplomate. "Il n'y aura pas d'accord écrit. Ce sera une espèce d'accord verbal qui ouvrira la voie à de nouvelles négociations", a conclu Hamid Baidinejad. Si les négociations n'aboutissent pas, a averti un membre du Trésor à Washington, le gouvernement américain et le Congrès feront le nécessaire pour alourdir les sanctions contre Téhéran. Signe des tensions qui règnent à Lausanne après cinq jours de discussions, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et Ali Akbar Salehi ont été surpris par un photographe de Reuters en pleine altercation. RENVOI Pour retrouver un ENCADRE sur les paramètres des négociations, cliquer sur ID:nL6N0WJ43M (Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • M7097610 le jeudi 19 mar 2015 à 22:53

    je souhaite que les Iraniens puissent se defendre face au nucleaire pakistanais qui va bientot devenir taliban...c'est notre intérêt !