Accord intercoréen, le Nord fait part de "regrets"

le , mis à jour à 21:25
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par James Pearson et Ju-min Park SEOUL, 24 août (Reuters) - Les deux Corées sont parvenues aux premières heures de mardi, après plus de deux jours de négociations, à un accord pour faire retomber les tensions à la frontière, qui avaient donné lieu jeudi dernier à des échanges de tirs d'artillerie. En vertu de cet accord, Pyongyang exprime des regrets à propos de l'explosion de mines qui ont blessé grièvement deux soldats du Sud début août dans la "zone démilitarisée" (DMZ), qui fait office de frontière intercoréenne depuis l'armistice de 1953. La Corée du Nord avait jusqu'à présent démenti avoir posé les mines, et le communiqué conjoint ne lui impute pas explicitement la responsabilité de cet acte. L'accord prévoit aussi que le Nord lève son "quasi-état de guerre" et que le Sud cesse ses émissions de propagande, à l'aide d'énormes haut-parleurs, dans la zone frontière. Les deux Corées sont convenues de tenir des réunions de suivi, soit à Séoul, soit à Pyongyang, pour discuter d'une série de questions visant à améliorer leurs relations, lit-on dans le communiqué conjoint diffusé après la fin des discussions. Le Nord et le Sud ont d'autre part affirmé leur volonté d'oeuvrer à la réunion des familles séparées par la guerre de Corée (1950-53), écrit l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. Séoul a jugé "très important" que la Corée du Nord ait fait part de regrets concernant l'explosion de la mine. "Il est très important qu'à cette réunion, la Corée du Nord se soit excusée pour la provocation relative aux mines, et qu'elle se soit engagée à empêcher que des événements de ce genre ne se reproduisent", a déclaré lors d'un point de presse télévisé Kim Kwan-jin, conseiller à la sécurité nationale de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye. Les négociations, tenues dans le "village de la paix" de Panmunjom, à la frontière, s'étaient engagées samedi, peu après l'expiration d'un ultimatum fixé par Pyongyang à la Corée du Sud pour qu'elle interrompe ses émissions de propagande hostile, faute de quoi elle s'exposerait à des représailles d'ordre militaire. Jeudi, l'armée du Nord avait procédé à plusieurs tirs en direction des haut-parleurs pour tenter de les détruire et le Sud avait répliqué par une trentaine de tirs d'artillerie. Aucune victime n'avait été signalée. Le Sud a repris ses émissions de propagande par haut-parleurs, interrompues depuis une dizaine d'années, en riposte à l'explosion des mines. Les deux soldats blessés ont dû être amputés des jambes. (Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français)

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