Accord historique de cessez-le-feu entre la Colombie et les Farc

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    par Sarah Marsh et Nelson Acosta 
    LA HAVANE, 23 juin (Reuters) - Le gouvernement colombien et 
les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie 
(Farc) ont signé jeudi à La Havane un accord historique de 
cessez-le-feu, étape cruciale vers la fin de plus de cinquante 
ans de lutte armée. 
    Ce cessez-le-feu, fruit de négociations engagées fin 2012, 
ouvre la voie à un accord de paix entre Bogota et le plus ancien 
mouvement rebelle encore en activité en Amérique.  
    "Que ce soit le dernier jour de la guerre", a commenté, la 
voix brisée par l'émotion, le commandant des Farc, Rodrigo 
Londono, connu sous le nom de guerre de Timochenko. "Nous sommes 
proches d'un accord final de paix", a-t-il ajouté après avoir 
serré la main du président colombien Juan Manuel Santos lors de 
la cérémonie de signature à La Havane. 
    Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et les 
présidents cubain Raul Castro et vénézuélien Nicolas Maduro 
étaient parmi les invités à la cérémonie. 
    L'accord de "Fin del Conflicto" (fin de conflit) prévoit que 
les rebelles déposeront les armes dans un délai de 180 jours 
suivant un accord de paix définitif. Leur prise en charge sera 
confiée aux Nations unies. 
    D'après les pays médiateurs, il établit également des 
garanties de sécurité avec la création de 22 zones temporaires 
de transition et de huit camps pour assurer la protection des 
rebelles marxistes. Aucun civil ne sera autorisé à y pénétrer. 
Ces zones de démobilisation resteront opérationnelles pendant 
six mois au maximum. 
    Les Farc ont accepté par ailleurs que l'accord de paix à 
venir soit ratifié par référendum, une procédure de validation 
voulue par Santos qui a longtemps fait l'objet d'un blocage 
entre les négociateurs. 
    En Colombie, les cloches des églises ont retenti à la 
mi-journée, alors que débutait la cérémonie à La Havane. 
    "C'est une lueur d'espoir", exultait Adriana Beltrán, 25 
ans, croisée dans Bogota. "Nos enfants pourront jouir de ce dont 
nous avons été privés: une enfance de paix et une vie de paix", 
ajoutait-elle. 
    Depuis que les Farc, d'obédience marxiste, ont pris les 
armes, en 1964, le conflit a fait quelque 220.000 morts et 
déplacé des millions de personnes. On estime que la guérilla 
compte encore 7.000 combattants dans ses rangs. 
    Avant la cérémonie, la présidente chilienne Michelle 
Bachelet, également présente à La Havane, avait qualifié le 
moment d'"historique" non seulement pour la Colombie, mais aussi 
pour toute la région et avait rappelé la détermination de son 
pays à participer à la vérification de la mise en oeuvre de 
l'accord. 
    Dans un communiqué, le chef de la diplomatie française, 
Jean-Marc Ayrault, salue cet accord qui, écrit-il, "ouvre la 
voie à la conclusion rapide d'un accord de paix global" et 
rappelle l'engagement de la France notamment dans le 
développement des zones rurales en Colombie. 
 
 (avec Carlos Vargas et Julia Symmes Cobb à Bogota; Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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