Accord historique à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances

le , mis à jour à 12:38
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(actualisé avec précisions) par Parisa Hafezi, Louis Charbonneau, John Irish et Arshad Mohammed VIENNE, 14 juillet (Reuters) - L'Iran et les grandes puissances du groupe P5+1 (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) ont trouvé un accord sur le programme nucléaire de Téhéran qui permettra une levée des sanctions économiques pesant sur la République islamique. Après des jours et des nuits d'intenses et parfois houleuses tractations, dont la dernière phase a duré plus de deux semaines à Vienne, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et la chef de file de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, se sont présentés mardi pour officialiser l'événement, qui marque une étape décisive dans le dossier nucléaire iranien, lequel empoisonne les relations internationales depuis douze ans. L'accord conclu entre l'Iran et les grandes puissances est un "moment historique" et un "nouveau chapitre d'espoir" s'ouvre, a déclaré mardi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse. A ses côtés, Federica Mogherini, chef de file de la diplomatie européenne, a estimé que l'accord conclu à Vienne ouvrait la voie à une nouvelle ère pour les relations internationales. Selon Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence iranienne Isna, l'accord conclu mardi est le "meilleur possible", même "s'il n'est pas aussi complet que l'auraient voulu chacune des parties impliquées". Le président américain, Barack Obama, fera une déclaration à 11h00 GMT, a annoncé la Maison blanche. L'accord marque un tournant dans les relations de Téhéran avec les pays occidentaux, qui soupçonnent la République islamique d'avoir utilisé son programme nucléaire civil comme couverture pour chercher à développer un savoir-faire en matière d'armement nucléaire. DES EMBARGOS MAINTENUS Le texte, dont les grandes lignes avaient été fixées dans un premier texte le 2 avril, encadrera le programme nucléaire de Téhéran pendant au moins dix ans en échange de la suspension progressive des sanctions économiques qui pèsent sur l'économie du pays et notamment sur ses exportations pétrolières. Des sources diplomatiques ont précisé que l'accord prévoyait un maintien pendant cinq ans de l'embargo des Nations unies visant les importations d'armes par l'Iran et que celui qui vise les technologies de missiles ne pourrait être levé pendant huit ans. Si l'Iran venait à contrevenir aux termes de l'accord, les sanctions économiques pourraient être remises en place dans un délai de 65 jours. Principal adversaire à la conclusion d'un accord avec l'Iran, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé qu'il s'agissait d'une erreur grave aux conséquences historiques d'une ampleur considérable. "L'Iran va obtenir un sauf-conduit vers les armes nucléaires. Beaucoup des restrictions qui devaient l'empêcher de s'en doter vont être levées", a dit Benjamin Netanyahu. "C'est le jackpot pour l'Iran, une manne de centaines de milliards de dollars qui vont lui permettre de continuer à agresser et à terroriser la région et le monde. C'est une erreur grave aux conséquences historiques." L'accord sera également scruté de près au Congrès américain, dominé par des républicains qui ne cachent pas leur méfiance à l'égard de la République islamique, perçue comme ennemie depuis l'envahissement en 1979 de l'ambassade américaine à Téhéran. * Voir aussi CHRONOLOGIE de la crise du nucléaire iranien ID:nL5N0ZU162 (Nicolas Delame pour le service français, édité par Eric Faye)

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