Accord Grèce-troïka sur une nouvelle tranche d'aide

le
11
ATHÈNES NOUE AVEC LA TROÏKA UN ACCORD SUR UNE NOUVELLE TRANCHE D'AIDE
ATHÈNES NOUE AVEC LA TROÏKA UN ACCORD SUR UNE NOUVELLE TRANCHE D'AIDE

par Harry Papachristou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce a annoncé mardi avoir conclu, après six mois de négociations, un accord avec ses bailleurs de fonds internationaux permettant le déblocage de la prochaine tranche du plan d'aide international qui la maintient à flot.

Les pourparlers avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) portaient depuis septembre sur les réformes à mettre en oeuvre en Grèce.

Les inspecteurs de la "troïka" avaient interrompu à plusieurs reprises leur revue des progrès accomplis par Athènes, en raison notamment de désaccords sur les nouvelles économies budgétaires à engager.

"Cette revue est la plus dure que nous ayons connue à ce jour", a déclaré mardi Yannis Stournaras, le ministre des Finances grec.

La nouvelle tranche, dont le montant n'a pas été précisé dans un premier temps, sera versée fin avril afin de permettre à la Grèce d'honorer pour 9,3 milliards d'euros d'obligations qui arrivent à échéance en mai, a-t-on appris auprès d'un diplomate européen.

L'accord est une bonne nouvelle pour le Premier ministre grec, Antonis Samaras, qui rêve de montrer le bout du tunnel à une population frappée par des mesures d'austérité avant des échéances électorales européennes et locales en mai, qui s'annoncent difficiles pour le gouvernement.

Le Premier ministre a annoncé immédiatement après l'accord que cette nouvelle tranche ne s'accompagnait pas d'une demande de nouvelles mesures d'austérité de la part des bailleurs de fonds internationaux.

Antonis Samaras, devancé dans les sondages par le parti de gauche Syriza - hostile aux plans d'aide internationaux - a promis en outre qu'une enveloppe de 500 millions d'euros, financée par le surprenant excédent budgétaire réalisé par la Grèce l'an dernier, serait consacrée à venir en aide à la partie la plus défavorisée de la population.

L'OPTIMISME RENAÎT

"Une longue période de calvaire se termine aujourd'hui et nous prenons un nouveau départ", a-t-il dit.

La Grèce, qui a évité de justesse la faillite et une sortie de la zone euro en 2012, reprend lentement espoir après six années de récession sans précédent.

Le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce a chuté de 3,9% en 2013, soit un peu plus que l'estimation de 3,7% avancée en février, selon les chiffres publiés la semaine dernière.

Au total, le PIB de la Grèce s'est effondrée de 24% sur la période 2008-2013, six années marquées par la crise économique la plus profonde de l'histoire du pays.

La récession semble toutefois avoir touché le fond et la confiance en l'économie grecque revient petit à petit. Les organisations internationales et le gouvernement s'attendent ainsi à voir les investissements et les exportations redécoller en 2014 et prédisent une croissance annuelle de 0,6%.

Dernier signe d'un optimisme renaissant, la Piraeus Bank, est devenue mardi la première banque grecque à revenir sur le marché obligataire depuis 2009. Elle a émis pour 500 millions d'euros d'obligations non-garanties à trois ans qui ont aussitôt trouvé preneurs.

Athènes avait prévu d'émettre un petit lot d'obligations au deuxième trimestre 2014 mais pourrait solliciter les marchés avant cela, une manoeuvre susceptible d'augmenter les chances du gouvernement pour les échéances électorales à venir.

"L'environnement de marché s'améliore bien plus rapidement que ce que nous avions prévu et nous pourrions solliciter les marchés plus tôt que ce que nous avions envisagé, a déclaré à Reuters un haut responsable du gouvernement grec en réclamant l'anonymat.

"Un retour couronné de succès des banques sur les marchés nous aiderait beaucoup à y retourner nous-mêmes", a-t-il ajouté.

Mardi, le Trésor a emprunté 1,3 milliard d'euros à trois mois à des taux au plus bas depuis le début de la crise. Sur le marché secondaire, le rendement des obligations grecques à dix ans est revenu sous le seuil de 7%, au plus bas depuis le lancement du plan d'aide international de 237 milliards d'euros.

(Avec Martin Santa à Bruxelles; Marc Angrand et Patrick Vignal pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jsrlak1 le mardi 18 mar 2014 à 18:00

    Et on continue de payer... Le pire c'est qu'en Europe jamais ni la Grèce, ni la France ne seront au niveau de l'Allemagne... Cette Europe et une fumisterie juste bonne à engraisser des politicards sur notre dos

  • gnapi le mardi 18 mar 2014 à 17:43

    Le pire, c'est que non seulement l'expérience n'a pas servie, mais en plus ils continuent.Une bonne crise aurait surement été moins longue et moins douloureuse pour la population.

  • gnapi le mardi 18 mar 2014 à 17:42

    Les US n'ont pas filé grand chose, eux même étant surendettés. Le Japon si un peu. Mais en augmentant sa dette record. Alors l'aide est venue de l'Europe ... un peu comme si on transfusait un hémorragique à partir d'un blessé avec plaie ouverte ...

  • gnapi le mardi 18 mar 2014 à 17:41

    Pour mémoire, nos cadors de la finance institutionnelle - FMI ou UE - ont bien réussi leur plan d'aide de 247 millards (soit plus de 100% du PIB grec) : les émergents n'ont rien prêté - tout au plus ils ont acheté le port du Pyrrhée (ça permet de livrer plus de marchandises made in China). Comme de jsute ils n'allaient pas financer une protection sociale qu'ils n'ont même pas chez eux.

  • gnapi le mardi 18 mar 2014 à 17:39

    En résumé : ils sont sorti de la crise. Ils empruntent à un taux relativement bas de 7% sur 10 ans pour améliorer leur croissance de -3,9% à +0,6%.Rien qu'en lisant cela je comprends pourquoi j'ai du mal à comprendre la politique. Gaspiller autant d'argent qu'on n'a pas en si peu de temps ...

  • dioptaze le mardi 18 mar 2014 à 17:14

    Mais franchement stop quoi la Grèce maintenant bisrepetita... histoire sans fin vous connaissez

  • guerber3 le mardi 18 mar 2014 à 17:10

    Au boulot les imprimeurs, la fête continue...!

  • 82554976 le mardi 18 mar 2014 à 16:32

    C'est la valse des milliards , lala lalère ....

  • mlcbnb le mardi 18 mar 2014 à 16:30

    des pays endettés vont prêter de l'argent à la Grèce. vive l'impression de billets.ceci risque fort de créer une bulle financière, ceci d'autant plus qu'il n'y a pas d'inflation.Pour la grèce, les pays européens avait tout fait pour réduire le ratio dette/PIB. Si la dette croît et que le PIB chute, ce ratio devient à nouveau explosif.

  • d.e.s.t. le mardi 18 mar 2014 à 16:27

    la mythologie grecque avait inventé le tonneau des Danaïdes:c'est toujours d'actualité en Grèce! mais qu'est-ce qu'ils font encore en UE?

Partenaires Taux