Accord entre PSA et Dongfeng, l'Etat français prendra 14%

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LE CONSEIL DE SURVEILLANCE DE PSA VOTE L'ACCORD AVEC DONGFENG
LE CONSEIL DE SURVEILLANCE DE PSA VOTE L'ACCORD AVEC DONGFENG

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën et le chinois Dongfeng Motor ont signé mardi le protocole d'accord qui doit donner une dimension capitalistique à leur partenariat industriel, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Selon deux sources proches de PSA, le conseil de surveillance du groupe avait auparavant voté en faveur du projet au terme duquel Dongfeng et l'Etat français deviendront actionnaires de PSA dans le cadre d'une augmentation de capital d'au moins trois milliards d'euros, tandis que la famille cédera le contrôle de l'entreprise qu'elle a fondée il y a plus de deux siècles.

Ce protocole d'accord non contraignant (Memorandum of Understanding, MoU) prévoit que Dongfeng et l'Etat français injecteront chacun 800 millions d'euros pour acquérir une participation de 14% dans PSA, a précisé mardi à Reuters un dirigeant de Dongfeng associé aux discussions, sous le sceau de l'anonymat.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a confirmé dans la soirée sur Canal+ un accord entre PSA et Dongfeng et l'entrée de l'Etat dans le capital du groupe français à hauteur de 14% via un investissement de 800 millions d'euros.

"Les contribuables français vont mettre 800 millions, presqu'un milliard d'euros" dans PSA, a-t-il dit. "Nous avons orchestré le renouveau, la renaissance de PSA."

Les deux groupes se sont refusés à tout commentaire.

THIERRY PEUGEOT S'INCLINE

Le projet d'alliance entre la filiale bancaire de PSA et la banque espagnole Santander a aussi été entériné, ont ajouté les sources proches de PSA.

"Le conseil est terminé, toutes les opérations ont été actées", a dit l'une d'elles, faisant référence aux projets avec Dongfeng et Santander et à l'augmentation de capital. "Le MoU est signé lui aussi."

Une des sources a précisé que le protocole d'accord avait été approuvé à l'unanimité des 15 membres votants du conseil de surveillance de PSA.

Thierry Peugeot, président du conseil et fervent défenseur de l'indépendance du groupe, s'est donc finalement rangé à l'avis de la majorité.

La famille Peugeot, qui détient 25,4% du capital et 38% des droits de vote de PSA, va voir sa participation ramenée à 14% aussi, et perdra de ce fait le contrôle de la société fondée en 1810. Elle a voté en ce sens lundi lors des conseils d'administration de la holding familiale FFP et de sa maison mère, Etablissements Peugeot Frères.

L'ensemble de ces décisions, destinées à renforcer financièrement PSA et à accélérer son développement en Chine, doivent être annoncées officiellement mercredi matin en même temps que la publication des résultats annuels du groupe. En 2012, PSA avait subi une perte nette record de cinq milliards d'euros et brûlé 250 millions d'euros de cash par mois.

A Shanghai, le porte-parole de Dongfeng a aussi déclaré à Reuters qu'une communication officielle serait faite mercredi.

La cotation du titre Dongfeng a été suspendue mardi à la Bourse de Hong Kong dans l'attente d'une annonce. L'action avait clôturé lundi en baisse de 1,6% à 10,96 dollars de Hong Kong.

Selon des sources, l'accord pourrait être signé fin mars lors de la visite d'Etat du président chinois en France.

NOUVEAUX OBJECTIFS EN CHINE

A Paris, l'action PSA a perdu mardi 2,23% à 12,50 euros, sous-performant l'indice SBF 120 (-0,12%) et l'indice européen de l'automobile (-0,3%).

"En matière d'attentes, la barre est placée très haut", a commenté Eric Hauser, analyste automobile chez ISI Group, dans une note. "PSA doit maintenant raconter une nouvelle histoire pour capter l'intérêt des investisseurs."

La CFTC, sixième syndicat de PSA, estime elle aussi que le seul apport d'argent frais ne peut être une fin en soi. "A ce titre, l'accord qui se dessine avec un acteur tel que Dongfeng, dans la mesure où il comportera également des aspects industriels et commerciaux, nous semble être une bonne solution", écrit-elle dans un communiqué.

Analystes et syndicats veulent croire que l'augmentation de capital ne servira pas seulement à gagner du temps mais permettra à PSA de répondre à certaines de ses faiblesses structurelles.

Ils attendent notamment l'annonce d'une quatrième usine en Chine entre PSA et Dongfeng, l'industrialisation de la technologie Hybrid Air du groupe français grâce à son nouvel actionnaire chinois et de nouveaux objectifs communs de production et de vente en Chine.

Avec Samuel Shen et Kazunori Takada à Shanghai, Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Dominique Rodriguez

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