Accord entre Paris et Berlin sur un nouveau satellite militaire

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* Berlin financera aux deux tiers le troisième satellite CSO * Dix ans de négociations, ralenties par un lobbying allemand * Copie commune sur le futur drone européen MALE PARIS, 30 mars (Reuters) - La France et l'Allemagne se sont mises d'accord sur la réalisation du troisième satellite militaire d'observation du programme français CSO après près de dix ans de négociations, a-t-on indiqué au ministère français de la Défense. Cet accord - qui s'accompagne d'une autre avancée, sur le futur drone de surveillance européen entre Berlin, Paris et Rome - devrait être officialisé mardi à l'occasion du conseil des ministres franco-allemand à Berlin et devra encore être validé par le Bundestag. "Les Allemands ont accepté de rentrer dans le programme CSO (composante spatiale optique) pour financer avec nous le développement d'un troisième satellite qui va s'ajouter à la constellation CSO", souligne-t-on à Paris. "C'est un très bel accord, c'est le résultat le plus concret de la relation franco-allemande en matière de défense". Dans les faits, l'Allemagne s'est engagée à financer aux deux tiers le satellite, soit 200 millions sur les 300 millions d'euros. En échange, elle aura accès à "un certain pourcentage de droits d'accès aux images" des trois satellites, destinés à succéder aux actuels satellites Hélios 2. Le programme a pour maître d'oeuvre Airbus Defense and Space, filiale d'Airbus Group AIR.PA , à qui Thales Alenia Space, coentreprise entre Thales TCFP.PA et le groupe italien Finmeccanica SIFI.MI , fournira un instrument optique de haute résolution à ces satellites de nouvelle génération. Entamées en 2006, les négociations autour de ce projet ont été ralenties par un "intense lobbying des industriels allemands", souligne-t-on à Paris, précisant que les termes de l'accord avaient été finalisés en fin d'année dernière. RÉÉQUILIBRAGE Les industriels allemands pointent un retour industriel faible pour l'Allemagne, le troisième satellite devant être majoritairement construit à Toulouse. D'où l'importance pour Berlin du futur drone européen de surveillance Male (moyenne altitude-longue endurance) qui devrait permettre un rééquilibrage dans le partenariat industriel franco-allemand et dont le calendrier devrait être précisé également mardi lors du conseil franco-allemand. "Depuis un mois, on a une copie commune France-Allemagne-Italie sur le drone qu'on veut pour succéder au drone américain Reaper" à horizon 2025, dit-on à Paris. "Il y a un besoin opérationnel commun". "La part industrielle principale sera cette fois-ci côté allemand, il y aura donc une sorte de rééquilibrage dans le partenariat industriel." Lors d'une conférence mi-mars, Jean-Yves Le Drian avait annoncé qu'un accord de principe sur le lancement des études du drone Male serait signé lors du salon aéronautique du Bourget en juin. Une étude de faisabilité, qui représentera 60 millions d'euros, sera signée d'ici la fin de l'année, précise-t-on au ministère de la Défense. Ce projet de drone est porté par Airbus Group, Dassault Aviation AVMD.PA et l'italien Finmeccanica. D'ici là, la France devrait - comme l'a indiqué Jean-Yves Le Drian mi-mars - réceptionner en avril un troisième drone Male américain Reaper, pour ses besoins opérationnels immédiats, et en commander trois autres cet été. (Marine Pennetier, avec Cyril Altmeyer, édité par Yves Clarisse)


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