Accord entre Japon et Corée du Sud sur les "femmes de réconfort"

le , mis à jour à 13:03
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 (Actualisé avec réactions présidente sud-coréenne et PM 
japonais § 6-9) 
    par Jack Kim et Ju-min Park 
    SEOUL, 28 décembre (Reuters) - Le Japon et la Corée du Sud 
ont conclu lundi un accord pour régler leur contentieux sur les 
Sud-Coréennes réduites à l'esclavage sexuel avant et pendant la 
Deuxième Guerre mondiale, un différend qui empoisonne depuis des 
décennies les relations entre les deux pays.  
    Le gouvernement japonais reconnaît sa "responsabilité" sur 
la question des "femmes de réconfort", l'euphémisme en vigueur 
au Japon pour évoquer ces femmes contraintes à la prostitution 
dans les bordels militaires, et va contribuer à un fonds spécial 
pour leur venir en aide, a annoncé le ministre des Affaires 
étrangères Fumio Kishida à l'issue d'une rencontre à Séoul avec 
son homologue Yun Byung-se.  
    "Le Premier ministre (Shinzo) Abe, en tant que Premier 
ministre du Japon, présente une nouvelle fois ses excuses 
sincères à toutes celles qui, en tant que 'femmes de réconfort', 
ont connu tant de souffrances et subi des blessures physiques et 
psychiques incurables", a déclaré Fumio Kishida. 
    La Corée du Sud considérera que le contentieux est clos "de 
manière définitive et irréversible" lorsque Tokyo aura mis en 
oeuvre les mesures promises, a dit Yun Byung-se lors d'une 
conférence de presse commune.     
    Le chef de la diplomatie japonaise a salué un accord 
"historique" qui permettra d'ouvrir la voie à une meilleure 
coopération entre Tokyo et Séoul dans le domaine de la sécurité. 
    La présidente sud-coréenne Park Geun-hye et le chef du 
gouvernement nippon Shinzo Abe ont promis de saisir cette 
opportunité pour renforcer prochainement les relations 
bilatérales entre Séoul et Tokyo. 
    Park a fait part à Abe de son "espoir que le travail des 
deux gouvernements pour parvenir à un accord au terme d'un 
processus difficile leur permette de coopérer étroitement pour 
commencer à bâtir la confiance et entamer une nouvelle 
relation", indique la présidence sud-coréenne. 
     
    NOUVELLE ÈRE 
    S'exprimant devant la presse, le Premier ministre japonais a 
déclaré que son pays s'excusait et exprimait ses regrets mais a 
précisé que les futures générations ne seraient pas tenues de 
faire de même. 
    "Nous ne permettrons jamais que ce problème soit transmis à 
la prochaine génération", a dit Abe, une remarque qui fait écho 
aux déclarations qu'il avait faites lors du 70e anniversaire de 
la fin du second conflit mondial le 15 août dernier. "A partir 
de maintenant, le Japon et la Corée du Sud entrent dans une 
nouvelle ère", a-t-il ajouté. 
    Les Etats-Unis se sont également félicités de la conclusion 
de cet arrangement entre ses deux plus grands alliés dans la 
région.  
    Les tensions entre le Japon et la Corée du Sud ont jusqu'ici 
empêché les deux pays de signer un accord bilatéral de partage 
d'informations militaires sensibles. Un pacte trilatéral a été 
conclu il y a un an avec Washington qui se charge de jouer les 
intermédiaires.  
    Les deux pays ont engagé un rapprochement le mois dernier à 
l'occasion d'une rencontre entre Shinzo Abe et la présidente 
sud-coréenne Park Geun-hye fortement appuyée par les Etats-Unis. 
    Les autorités japonaises ont longtemps jugé qu'un traité 
signé en 1965 avec la Corée du Sud avait juridiquement réglé la 
question des "femmes de réconfort" et s'en tenaient aux excuses 
officielles formulées en 1993. La Corée du Sud estimait cela 
insuffisant et reprochait à Tokyo ses réticences à réparer son 
passé militariste.  
 
 (Ju-min Park; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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