Accord entre Copé et Fillon sur de nouveaux statuts pour l'UMP

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FRANÇOIS FILLON ET JEAN-FRANÇOIS COPÉ TORUVENT UN TERRAIN D'ENTENTE SUR DE NOUVEAUX STATUTS POUR L'UMP
FRANÇOIS FILLON ET JEAN-FRANÇOIS COPÉ TORUVENT UN TERRAIN D'ENTENTE SUR DE NOUVEAUX STATUTS POUR L'UMP

PARIS (Reuters) - Jean-François Copé et François Fillon se sont mis d'accord mardi sur de nouveaux statuts pour l'UMP, notamment une primaire d'investiture présidentielle en 2016, mais la question d'un second vote pour la présidence du parti reste en suspens entre les ex-duellistes de novembre 2012.

La commission de révision des statuts, coprésidée par le président de l'UMP et le député de Paris en vertu de l'accord de sortie de crise scellé en décembre, s'est réunie pour la dernière fois mardi afin d'arrêter les règles qui régiront à l'avenir le premier parti d'opposition français.

Cette instance, qui a travaillé avec l'appui d'un professeur de droit constitutionnel, a officialisé le principe de primaires ouvertes à droite en 2016, une révolution culturelle pour les tenants du gaullisme, en vue de l'élection présidentielle de 2017.

"On a abouti sur tous les sujets qu'il était indispensable d'aborder", a déclaré à l'issue de la réunion Jean-François Copé, qui était aux côtés de François Fillon.

Il a annoncé que les nouvelles règles, qui remplaceront celles prévalant depuis la création de la formation en 2002, seraient soumises au vote des militants, sans plus de précisions.

Cet accord, a souligné François Fillon dans un communiqué, "remet le parti sur des rails démocratiques solides, dignes d'une grande formation moderne".

L'ancien Premier ministre estime avoir obtenu gain de cause quant à la transparence, à l'impartialité et à l'exemplarité qu'il exigeait pour les futurs scrutins internes après le fiasco de l'élection à la direction de l'UMP le 18 novembre 2012.

Tout membre de l'équipe dirigeante qui déciderait de se présenter à la primaire de 2016 sera ainsi contraint de démissionner de ses fonctions "afin d'assurer une stricte égalité des moyens entre candidats", l'un des griefs de François Fillon envers Jean-François Copé à l'automne dernier.

Il reste toutefois à arrêter la composition de la "Haute Autorité" appelée à superviser l'organisation et le contrôle des scrutins internes nationaux.

UN "REVOTE" EN 2014, 2015?

Une autre inconnue - de taille - demeure : le calendrier de la future élection à la présidence du parti.

Soucieux d'éviter un nouveau psychodrame, "copéistes" et "fillonistes", selon plusieurs sources dans les deux camps, semblent enclins à écarter le piège d'un vote en septembre.

L'idée d'un report fait son chemin depuis déjà quelque temps : les partisans de Jean-François Copé, qui a tout intérêt au statu quo, l'entretiennent, et ceux de François Fillon se résignent insensiblement à un choix de raison.

Le compromis conclu le 17 décembre 2012 prévoyait une nouvelle élection à la direction de l'UMP "au plus tard avant la reprise de la session parlementaire" d'octobre, en raison des soupçons de fraude pesant sur la courte victoire du député-maire de Meaux.

Le scénario d'un report - 2014, 2015? - profiterait autant à Jean-François Copé que François Fillon.

Jean-François Copé, dont le mandat court théoriquement jusqu'en novembre 2015 aux termes des anciens statuts, verrait son rôle de chef de l'opposition conforté et partirait au combat en première ligne pour les municipales de 2014, première étape de "la reconquête".

Quant à François Fillon, qui craint, selon des proches, d'"abîmer" à nouveau son image dans une confrontation à l'issue incertaine, il pourrait désormais se concentrer sur son unique objectif : la présidentielle de 2017.

L'ancien Premier ministre a réaffirmé la semaine dernière qu'il serait candidat à la primaire de 2016, "quoi qu'il arrive", relançant la compétition virtuelle avec l'ancien président Nicolas Sarkozy, dont les fidèles multiplient les confidences sur un possible retour.

Les nouveaux statuts prévoient que tout prétendant à l'investiture présidentielle, y compris un ex-président, passe par les primaires.

Une candidature à la primaire nécessiterait 200 parrainages (parlementaires, élus régionaux, maires..), a-t-on précisé de source proche des discussions.

Sophie Louet

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