Accord en vue sur le deuxième plan d'aide à la Grèce

le
1
ACCORD EN VUE SUR LE DEUXIÈME PLAN D'AIDE À LA GRÈCE
ACCORD EN VUE SUR LE DEUXIÈME PLAN D'AIDE À LA GRÈCE

par Julien Toyer et Annika Breidthardt

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro se rapprochaient lundi soir d'un accord sur un deuxième plan d'aide à la Grèce qui permettrait au pays d'éviter un défaut sur sa dette à court terme mais pourrait ne pas suffire pour ranimer son économie moribonde après plus de deux ans de crise.

Après plus de sept heures de discussions, les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus sur les moyens de réduire la dette grecque environ 123% ou 124% du PIB national mais poursuivaient les négociations afin de parvenir à l'objectif initial de 120%, ont indiqué trois sources proches des négociations.

Selon ces sources, des accords de principe ont été trouvés sur une réduction des taux d'intérêt des prêts qui seront consentis à la Grèce et sur la participation des banques centrales nationales de la zone euro à un échange de dette.

Deux autres pistes sont désormais explorées.

D'une part, de difficiles négociations sont en cours sur une redistribution des bénéfices réalisés par la Banque centrale européenne sur ses titres obligataires grecs.

D'autre part, les discussions ont repris en parallèle de la réunion de l'Eurogroupe avec les représentants des créanciers privés, sous la houlette des responsables de l'Institut de la Finance Internationale, Charles Dallara et Jean Lemierre, présents dans le bâtiment.

Selon deux sources au fait des discussions, ces derniers ont proposé d'accepter une décote de 53,5% sur leurs titres obligataires grecs, contre 50% auparavant.

Une autre source de haut rang au sein de la zone euro a indiqué qu'une enveloppe d'environ six milliards d'euros devait être trouvée pour financer le programme, qui porte sur un montant total de 130 milliards d'euros.

Un rapport confidentiel préparé par l'UE, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international et obtenu par Reuters, montre que des accords doivent être trouvés sur ces différents points afin de ramener la dette grecque à 120% du PIB et permettre la bonne marche du plan.

Le document montre également qu'en cas de dérapage dans les réformes mises en place à Athènes ou dans le plan d'économie, la dette grecque pourrait atteindre 160% en 2020, soit environ son niveau actuel.

PAS DE REMÈDE MIRACLE

L'Allemagne et les Pays-Bas, qui restent sceptiques quant à la capacité de la Grèce de tenir ses engagements, à commencer par un programme d'économies de 3,3 milliards d'euros, s'étaient voulus prudents avant la réunion.

Le ministre néerlandais des Finances a déclaré que les Pays-Bas se refuseraient à approuver le nouveau plan tant qu'Athènes n'aurait pas respecté toutes ses obligations.

"La Grèce veut l'argent et jusqu'à présent nous ne leur avons rien donné. Nous avons dit non au cours des deux dernières semaines. Nous pouvons nous permettre de dire non jusqu'à ce que la Grèce se conforme à toutes les demandes", a dit Jan Kees De Jager à Bruxelles.

Avec son homologue allemand Wolfgang Schaüble, De Jager a en particulier insisté sur des actions prioritaires que la Grèce devra prendre au cours des deux prochaines semaines.

Ces actions devront précéder le premier décaissement de fonds publics prévu pour début mars ainsi qu'un échange d'obligations souveraines détenues par des créanciers privés, qui sera lancé le 8 mars.

Ce "swap" permettra à la Grèce d'effacer 100 milliards d'euros de dettes et devra être terminé avant le 11 mars, à temps pour qu'Athènes puisse rembourser 14,5 milliards d'euros d'obligations venant à échéance le 20 mars.

Le nouveau plan d'aide ne sera pas un remède miracle. L'économie grecque s'est contractée de 7% en rythme annuel au dernier trimestre 2011, bien plus que prévu, et les nouvelles mesures d'austérité devraient encore aggraver la situation.

La troïka UE-FMI-BCE, qui supervise la mise en place des réformes, effectue des rapports trimestriels. Dans le cadre du deuxième plan de sauvetage, la Commission européenne enverra bientôt des dizaines d'autres inspecteurs à Athènes.

Cette surveillance du programme est également en cours de négociation, de même que l'idée de mettre en place un mécanisme permettant de diriger de manière prioritaire les nouveaux prêts à rembourser de la dette grecque.

Diplomates et économistes n'attendent pas de ce nouveau plan de renflouement qu'il règle tous les problèmes économiques grecs du jour au lendemain et beaucoup estiment qu'il faudra au moins dix années voire davantage pour s'acquitter de cette tâche.

Ce constat a amené encore plusieurs milliers de Grecs à manifester dimanche leur colère devant le parlement face à la cure d'austérité draconienne qu'ils se voient imposer et qui était l'une des conditions de ce nouveau plan de soutien.

Avec le bureau de Bruxelles

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3940208 le mardi 21 fév 2012 à 03:26

    Grèce pays voyou... faut faire payer les riches , les armateurs, et surtout l'Eglise premier propriétaire foncier !.....