Accord en vue pour la reprise du volailler Doux

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VERS UN ACCORD POUR LA REPRISE DU GROUPE DOUX
VERS UN ACCORD POUR LA REPRISE DU GROUPE DOUX

RENNES (Reuters) - Un accord pour la reprise du groupe volailler Doux devrait être conclu dans les prochains jours, petite éclaircie dans une Bretagne en pleine révolte contre l'avalanche de plans sociaux dans le secteur de l'élevage et l'écotaxe poids lourds.

"Les discussions sont bien avancées", à déclaré à Reuters un porte-parole du groupe, précisant que D&P, une holding dont la famille Calmels est actionnaire majoritaire, pourrait détenir selon les termes de cet accord 52,5% du capital du volailler, la famille Doux et Al-Munajem se partageant les 47,5% des parts.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, attendu ce vendredi à Rennes, où il doit rencontrer les représentants de la Banque publique d'investissement (BPI) mais aussi du volailler Tilly-Sabco et des organisations agricoles et syndicales régionales, a confirmé l'information sur Europe 1.

"Il y a un pacte d'actionnaires qui est en train d'être construit entre la famille Calmels, repreneur, la famille Doux, l'historique, et le saoudien Al-Munajem, qui est non seulement un industriel mais qui est celui qui depuis 40 ans travaille avec les établissements Doux sur le marché du Moyen-Orient", a-t-il dit.

"Je fais confiance aujourd'hui dans la capacité qu'ils auront à se mettre d'accord. Il faudra moderniser les outils de production de cette entreprise pour être compétitif. La filière export peut être sauvée, a t-il ajouté.

Le ministre de l'agriculture a également précisé que la BPI pourrait mobiliser de 8 à 10 millions d'euros par an pour accompagner les investissements et la modernisation du groupe Doux, où 2.400 personnes travaillent encore, dont 1.700 en CDI.

GRAVE CRISE EN BRETAGNE

Cet accord, dont la signature pourrait intervenir la semaine prochaine, devrait permettre à Doux, qui est en redressement judiciaire depuis 2012 et a déjà supprimé un millier d'emplois, de valider le plan de continuation qu'il présentera en novembre devant le tribunal de commerce de Quimper.

Il intervient alors que l'agroalimentaire traverse une grave crise en Bretagne touchant l'abattage de porcs mais aussi, depuis la fin des subventions européennes en juillet dernier, la filière du poulet export, principale activité des groupes Doux et Tilly-Sabco.

La société Tilly-Sabco, qui emploie 340 personnes à Guerlesquin (Finistère) a annoncé la semaine dernière la suspension en janvier 2014 de cette production, qui représente 90% de son activité, mettant en péril selon sa direction un millier d'emplois directs et indirects.

"Il y a des fonds à mobiliser et il y a aussi la France avec la BPI qui va se mobiliser", a indiqué Stéphane Le Foll, qui doit rencontre le 22 novembre à Bruxelles Dacian Ciolos, commissaire européen à l'agriculture.

L'objectif est de débattre d'une possible reprise provisoire des subventions à l'exportation, que la Commission juge injustifiées dans la conjoncture actuelle.

En Bretagne, la filière du poulet export, principalement à destination du Moyen-Orient, représenterait environ 4.000 emplois.

Les syndicats s'élèvent également contre la suppression de 889 emplois dans les abattoirs de porcs bretons GAD SAS dans le cadre du plan de continuation de l'entreprise qui a été accepté le 11 octobre par le tribunal de commerce de Rennes.

Yves Clarisse

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