Accord de principe entre les parlements libyens rivaux

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 (Précisions) 
    LE CAIRE, 6 décembre (Reuters) - La Chambre des 
représentants, parlement libyen légitime, et le Congrès général 
national (CGN), assemblée concurrente qui siège à Tripoli, ont 
signé un accord de principe en vue du règlement du conflit 
libyen. 
    Cette initiative est distincte des négociations menées sous 
l'égide des Nations unies en vue de constituer un gouvernement 
d'union nationale. 
    Quatre ans après le renversement de Mouammar Kadhafi, les 
milices qui l'ont chassé du pouvoir continuent de s'affronter. 
    Les islamistes de l'Aube libyenne ont formé un "gouvernement 
de salut national" après s'être emparés de Tripoli en août, ce 
qui a contraint l'exécutif et la Chambre des représentants 
reconnus internationalement à s'exiler dans l'est du pays. Ils 
ont en outre reformé à Tripoli l'ancienne législature, le CGN. 
    Des parlementaires libyens ont précisé que l'accord conclu 
tard samedi soir prévoit la formation d'un comité de dix membres 
-- cinq de chaque parlement -- qui devra désigner un Premier 
ministre intérimaire et ses deux adjoints. Des élections 
législatives seront organisées dans les deux ans. 
    Cet accord doit maintenant être soumis à l'approbation de la 
Chambre des représentants et du CGN. 
    Mercredi dernier, le nouvel émissaire des Nations unies pour 
la Libye, Martin Kobler, a déclaré pour sa part que les factions 
rivales étaient très près de s'entendre sur la formation d'un 
gouvernement d'union nationale et pourraient signer dans un mois 
un accord en ce sens. 
    Les pays occidentaux font pression pour qu'un accord soit 
conclu sous l'égide de l'Onu, seul moyen à leurs yeux de mettre 
fin au chaos qui règne en Libye. 
    Les éléments modérés soutiennent le projet d'accord, élaboré 
au fil d'une année de négociations, mais les "durs", dans un 
camp comme dans l'autre, réclament davantage de conditions et de 
concessions de l'autre partie. 
    La proposition faite par l'Onu prévoit la mise en place d'un 
conseil présidentiel composé de six membres, qui devra 
représenter les centres de pouvoir régionaux traditionnels du 
pays, ainsi que d'une Chambre des représentants et d'une seconde 
chambre, consultative, le Conseil d'Etat. 
    Le chaos qui s'est installé progressivement dans le pays 
après le renversement du régime Kadhafi en 2011 profite entre 
autres à l'organisation djihadiste Etat islamique (EI), qui a 
gagné du terrain et contrôle la ville de Syrte. 
 
 (Ahmed Tolba et Ahmed Elumami; Jean-Philippe Lefief et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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