Accord de paix en Libye, mais les dissensions persistent

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    LE CAIRE, 15 février (Reuters) - Les deux camps qui se 
disputent le pouvoir en Libye ont conclu un projet d'accord de 
paix sous l'égide de l'Egypte, un texte qui prévoit la création 
d'un comité conjoint chargé de négocier la réconciliation et 
d'organiser des élections d'ici un an. 
    Cet accord conclu dans la nuit de mardi à mercredi est 
présenté comme l'aboutissement des mois d'efforts diplomatiques 
du Caire, qui ont culminé ces derniers jours avec la venue en 
Egypte de Fayez Seraj, le Premier ministre du gouvernement 
d'entente nationale (GEN) mis en place par les Nations unies à 
Tripoli, et du général Khalifa Haftar, soutenu par une alliance 
de groupes islamistes et d'anciens rebelles de l'est libyen. 
    Les deux hommes ont d'abord rencontré séparément de hauts 
responsables de l'armée égyptienne mais leur réunion prévue en 
fin de journée mardi a été annulée en raison de divergences de 
dernière minute. 
    Trois sources égyptiennes associées aux pourparlers ont 
déclaré à Reuters que Seraj et Haftar avaient accepté d'honorer 
l'accord en dépit des tensions persistantes entre leurs deux 
camps. 
    "Les deux parties se sont mises d'accord. J'ai des doutes 
sur la mise en oeuvre car l'atmosphère entre elles est (...) 
tendue mais nous espérons que c'est le contraire qui se 
passera", a dit l'une des sources. 
    Le comité conjoint chargé d'organiser le partage du pouvoir 
doit inclure au moins 15 membres du Conseil d'Etat, un organe 
consultatif proche du GEN, et 15 membres de la Chambre des 
représentants installée à Tobrouk, dans l'est, précise un 
communiqué de l'armée égyptienne. 
    Tout accord issu de ce comité devrait être intégré dans un 
nouvelle constitution avant des élections législatives et 
présidentielle censée se tenir au plus tard en février 2018. 
    Seraj et Haftar resteraient en poste d'ici-là, tout comme 
Aguila Saleh, le président de la Chambre des représentants.  
    Préoccupée par la montée en puissance de groupe djihadistes 
sur le territoire de son voisin, l'Egypte a fait de la 
stabilisation en Libye une priorité. 
    Le général Haftar, qui a été l'allié du colonel Muammar 
Kadhafi avant de rejoindre le soulèvement de 2011 dans le 
sillage des "Printemps arabes", accuse le GEN d'être sur la même 
ligne que certaines forces islamistes libyennes. Il entretient 
des liens étroits avec l'Egypte, qui s'est gardée jusqu'à 
présent d'apporter son soutien au GEN, expliquant qu'il 
appartient aux Libyens de choisir leur gouvernement. 
     
 
 (Lin Noueihed et Ahmed Mohammed Hassan; Marc Angrand pour le 
service français) 
 
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