Accord de coopération entre le gouvernement et les 27 régions

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UN PACTE ENTRE L'ÉTAT ET LES RÉGIONS AVANT LA NOUVELLE DÉCENTRALISATION
UN PACTE ENTRE L'ÉTAT ET LES RÉGIONS AVANT LA NOUVELLE DÉCENTRALISATION

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le gouvernement et les 27 régions françaises ont passé mercredi un accord de coopération inédit qui leur permettra de devenir les chefs de file du développement économique dans leur territoire et la courroie de transmission des réformes engagées par François Hollande.

Réunis à l'Elysée, les présidents de région ont accepté le principe de rencontres régulières et du suivi de 15 engagements reprenant certains pans du programme économique du président.

"C'est un acte politique très important qui vient de se produire, il préfigure l'ambition du président de la République de renforcer la décentralisation", a déclaré aux journalistes le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

François Hollande avait promis dans ses 60 engagements de campagne une clarification des compétences entre l'Etat et les collectivités locales. Un projet de loi en ce sens devrait être déposé dans les prochains mois.

Les présidents de région se sont félicités de se retrouver ainsi en première ligne, qu'il s'agisse des emplois d'avenir, des contrats de générations, de la formation professionnelle, de la recherche ou de la gestion des fonds européens.

"Le fait que les régions soient clairement désignées comme étant les pilotes, les chefs de file d'un certain nombre de ces politiques, c'est un changement considérable", a réagi Philippe Richert, président UMP de l'Alsace, l'une des deux régions dirigée par la droite.

La Banque publique d'investissement (BPI) sera l'un des points majeurs de la coopération avec les régions qui auront un rôle clé dans sa gouvernance et son fonctionnement.

Les régions seront membres du conseil d'administration de la BPI, dont elles présideront son comité national d'orientation tout en ayant des responsabilités opérationnelles locales.

Les régions voient ainsi exaucé leur voeu de jouer un rôle important dans la gouvernance de la BPI, qui devrait être opérationnelle d'ici la fin de l'année et disposer d'une capacité de financement de plus de 30 milliards d'euros.

COGESTION

"C'est quand même bien qu'on ait obtenu du gouvernement cette cogestion", a déclaré à sa sortie de la réunion le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.

"On est les seuls à être proches des entreprises, à les connaître, on sait quelles sont celles qui vont augmenter leurs emplois, celles qui vont avoir besoin d'une aide à l'export. Nous on le sait, les technocrates de Bercy, ils ne savent rien là-dessus !", s'est-il félicité.

Interrogé sur la situation d'assèchement du crédit qui menace les collectivités locales depuis le naufrage de la banque Dexia, le Premier ministre a indiqué qu'une nouvelle banque était bien sur les rails.

Censée voir le jour fin juin, les retards accumulés ont obligé la Caisse des dépôts et la filiale bancaire de la Poste à débloquer des fonds en urgence pour aider les collectivités locales.

15 MILLIARDS D'ÉCONOMIES

La part que devront prendre les régions au redressement des comptes de la France a été la grande absente de la réunion.

Dans son discours devant la Cour des comptes vendredi, François Hollande avait dit sa volonté de profiter de la nouvelle étape de décentralisation pour faire des économies.

"Pour chaque euro dépensé, peut-on faire plus simple, plus efficient ? Nous devons veiller à éliminer les doublons et simplifier les dispositifs", avait jugé le président.

Philippe Richert a salué l'appui du gouvernement à l'idée de fusion de la région Alsace et des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin en une seule entité, le "Conseil d'Alsace", à l'horizon 2014 - une première en France métropolitaine.

Ce débat sur la réorganisation administrative intervient alors que le député socialiste René Dosière s'apprête à publier un livre où il estime qu'une réforme des collectivités locales pourrait générer jusqu'à 15 milliards d'euros d'économies.

Réclamé de longue date par les spécialistes, le chantier de la simplification de la carte des collectivités locales, qui pèsent pour 10% dans la dette publique de la France, a été ouvert sous Nicolas Sarkozy mais a vite tourné au bras de fer entre le gouvernement et des régions et départements majoritairement contrôlés par les socialistes.

Avec Elizabeth Pineau, Yann Le Guernigou, Jean-Baptiste Vey et Matthieu Protard, édité par Yves Clarisse

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  • chatnour le mercredi 12 sept 2012 à 23:48

    corruption, concussion, prévarication, pourboires, bakchichs, avantages de toutes sortes, en nature, en travaux en nourriture, bref, toutes les sortes de détournements, la plupart des simples fonctionnaires territoriaux méritent la correctionnelle, depuis le cuisinier de collectivité qui rapporte les repas de toute sa famille (au sens large) pris sur ceux de sa collectivité) jusqu'au ministre qui touche des enveloppes, on est dans un système complètement gangréné et pourri jusqu'à la moëlle !!!

  • chatnour le mercredi 12 sept 2012 à 23:44

    oui, mais pas que les conseils généraux ! la corruption est à tous les niveaux, commune, canton, département, conseil général, régional, et tous les corps constitués, conseil économique social et environnemental (complètement inutile et dédié aux syndicalistes en voie de garage) etc ... des dizaines de milliers de bouches inutiles et "qui en croquent" ! ce sont nos impôts et ce sont au bout du compte des milliards d'économies !!!

  • paumont1 le mercredi 12 sept 2012 à 19:06

    il faut supprimer les conseils généraux, trop de corruption.