Accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël

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ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU ENTRE LE HAMAS ET ISRAËL
ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU ENTRE LE HAMAS ET ISRAËL

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

LE CAIRE/GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur mercredi soir entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza après huit jours de bombardements et de tirs de roquettes qui ont fait 162 morts côté palestinien et cinq côté israélien.

Jusqu'à l'heure de la trêve, les combats se sont poursuivis, avec plusieurs explosions dans la ville de Gaza et des tirs de roquettes frappant Beer-Sheva, en Israël.

Une douzaine de roquettes tirées de Gaza ont frappé le sol israélien après 19H00 GMT, heure d'application de la trêve, dans des zones non ou peu habitées ne faisant aucun dégât.

"Allah akbar (Dieu est le plus grand), cher peuple de Gaza vous avez gagné", entendait-on des haut-parleurs des mosquées de Gaza à l'heure de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. "Vous avez brisé l'arrogance des juifs."

Quinze minutes plus tard, le bruit de tirs de joie se répandait dans les rues de Gaza, qui se remplissaient d'une foule agitant des drapeaux palestiniens, les "youyous" des femmes émanant de leurs fenêtres, et des feux d'artifice éclairaient le ciel.

Côté israélien, des manifestations contre l'accord de cessez-le-feu ont eu lieu, notamment à Kiryat Malachi, dans le sud du pays où trois Israéliens avaient été tués par un tir de roquettes gazaouies, a rapporté la radio.

DIPLOMATIE

Avec à ses côtés Hillary Clinton, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohamed Amr, a annoncé au Caire que la trêve entrerait en vigueur ce mercredi à 19h00 GMT.

"Les efforts menés ont abouti à un accord de cessez-le-feu afin de rétablir le calme et de mettre fin à l'effusion de sang", a dit Mohamed Amr.

La secrétaire d'Etat américaine a, pour sa part, remercié le président Mohamed Morsi pour ses efforts de médiation et a ajouté que le nouveau pouvoir égyptien, dominé par les Frères musulmans, avait fait preuve dans cette crise de responsabilité et d'esprit de décision.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confié avoir donné son accord à une trêve prolongée tout en laissant entendre une éventuelle approche plus musclée à l'avenir.

"Je sais que certains citoyens attendent une action militaire plus sévère et peut-être que nous devrons faire ainsi", a-t-il dit.

De son côté, le Hamas s'est dit satisfait de la trêve, mais son chef en exil, Khaled Mechaal, a exigé que les termes du cessez-le-feu soient respectés.

"Le document stipule l'ouverture des points de passages, de tous les points de passage et pas juste de Rafah", a-t-il déclaré, avant d'avertir Israël.

"Si l'État d'Israël respecte (le cessez-le-feu), nous le respecterons. S'il ne le respecte pas, nous avons le doigt sur la gâchette."

Selon le texte de l'accord que s'est procuré Reuters, chaque partie doit cesser toute hostilité, Israël cessant toute incursion et tir ciblé, tandis que toutes les factions palestiniennes doivent cesser leurs tirs de roquettes et leurs attaques à la frontière.

Tsahal avait lancé le 14 novembre son opération "Pilier de défense" en affirmant vouloir mettre fin aux tirs de roquettes sur son territoire. Au premier jour des raids, le chef de la branche armée du Hamas avait été tué par une "frappe ciblée".

Mercredi matin, sept heures environ avant l'annonce de la trêve, une bombe avait explosé dans un bus à Tel Aviv, faisant quinze blessés.

ATTENTAT À TEL AVIV

Avant de se rendre au Caire, Hillary Clinton avait rencontré Benjamin Netanyahu à Jérusalem puis le président de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, et de nouveau Netanyahu.

Alors que se poursuivaient les contacts diplomatiques, les forces israéliennes ont continué dans la journée leurs raids sur la bande de Gaza, tandis que les militants palestiniens continuaient leurs tirs de roquettes sur Israël.

Depuis le début de l'opération "Pilier de défense", Tsahal a mené plus de 1.500 attaques contre la bande de Gaza, faisant 162 morts, en majorité des civils, parmi lesquels 37 enfants et 11 femmes.

Les islamistes de Gaza ont tiré près de 1.400 roquettes en direction de l'Etat hébreu, tuant cinq Israéliens, quatre civils et un militaire.

L'attentat à la bombe à Tel Aviv s'est produit à bord d'un bus qui circulait dans une rue longeant des bâtiments du ministère de la Défense.

Le porte-parole du Hamas, Abou Zouhri, a salué l'attentat à la bombe sans pour autant revendiquer l'attaque. "Le Hamas bénit l'attaque à Tel Aviv et y voit une réponse naturelle aux massacres israéliens (...) à Gaza", a-t-il dit à Reuters.

Signe d'un risque de contagion du conflit en Cisjordanie, des affrontements avaient opposé dans la journée de jeunes manifestants palestiniens, certains brandissant des drapeaux du Hamas, à des soldats israéliens près de Ramallah, de Naplouse et d'Hébron. Deux Palestiniens avaient été blessés par balles aux jambes.

Guy Kerivel et Agathe Machecourt pour le service français

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