Accord de cessez-le-feu entre la Birmanie et 16 groupes rebelles

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RANGOUN, 31 mars (Reuters) - Le gouvernement birman et 16 groupes armés représentant des minorités ethniques se sont entendus sur un projet de cessez-le-feu national qui, s'il est ratifié et respecté, marquerait une date importante dans les efforts visant à mettre un terme à plus de soixante-cinq années de conflit en Birmanie. Le gouvernement qui s'est installé en 2011 après la fin de 49 ans de régime militaire a fait de l'arrêt des hostilités avec les nombreux groupes ayant pris les armes depuis l'indépendance en 1948 une de ses priorités. Le projet de trêve sera finalisé mardi puis envoyé aux chefs des différents mouvements rebelles en vue d'une ratification, a déclaré lundi soir Hla Maung Shwe, conseiller spécial du Centre pour la paix au Myanmar, une instance créée par le gouvernement pour faciliter le processus de paix. "Si tout va bien, l'accord national de cessez-le-feu sera signé par les principaux chefs des groupes ethniques armés en mai prochain à Naypyitaw", a-t-il dit. Le gouvernement et les groupes rebelles, dont beaucoup luttent pour une autonomie accrue de leurs minorités ethniques, se sont rencontrés à sept reprises depuis 2013 pour négocier cette trêve. Le gouvernement s'était fixé pour objectif de parvenir à un accord avant les élections législatives de novembre prochain. De précédentes tentatives de cessez-le-feu à l'échelle nationale ont échoué, plusieurs groupes réclamant des garanties politiques que les négociateurs disaient ne pas pouvoir leur fournir. Plusieurs flambées de violence et des plaintes concernant le rôle de l'armée dans ce processus complexe ont également entravé les progrès dans ce pays qui compte des dizaines de minorités ethniques. Les seize groupes rebelles impliqués dans le projet de trêve sont regroupés sous le nom d'équipe de coordination du cessez-le-feu national, mais d'autres groupes sont restés à l'écart. Ainsi le groupe ethnique Kokang, qui a affronté l'armée en février dernier près de la frontière chinoise et contraint le gouvernement à décréter l'état d'urgence dans la région. Le Conseil fédéral des nationalités unies (UNFC), une organisation chapeautant plusieurs groupes rebelles, estime qu'aucune trêve viable ne sera possible tant que l'armée birmane continuera de lancer des offensives contre les groupes ethniques. (Aung Hla Tun, avec Simon Webb; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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