Accord à Berlin sur une ligne de démarcation en Ukraine

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ACCORD À BERLIN SUR L'ÉTABLISSEMENT DE ZONES DE SÉCURITÉ EN UKRAINE
ACCORD À BERLIN SUR L'ÉTABLISSEMENT DE ZONES DE SÉCURITÉ EN UKRAINE

par Sabine Siebold et Stephen Brown

BERLIN (Reuters) - La réunion à quatre (Ukraine, Russie, Allemagne et France), qui s'est tenue mercredi soir à Berlin, a permis d'enregistrer des progrès dans la crise ukrainienne avec la conclusion d'un accord sur l'établissement de zones de sécurité entre séparatistes et troupes gouvernementales dans la région du Donbass.

"Il y a finalement eu un accord conclu aujourd'hui prévoyant que la ligne de démarcation, mentionnée dans le protocole de Minsk, sera la ligne à partir de laquelle devra commencer dès maintenant le retrait des armes lourdes", a annoncé le ministre allemand des Affaires étrangères.

"Beaucoup dépendra de savoir si la question sur laquelle nous nous sommes mis d'accord n'est pas seulement valable sur le papier mais se traduit par un changement de la situation sur le terrain", a ajouté Frank-Walter Steinmeier.

Dans un communiqué conjoint diffusé par le ministère allemand, les chefs de la diplomatie des quatre pays font part de leurs "graves inquiétudes" face à la vive escalade des combats dans l'est de l'Ukraine responsables de nombreuses pertes humaines dont des civils.

Les ministres estiment toutefois que des progrès tangibles ont été accomplis sur la mise en oeuvre du protocole en 12 points conclu à Minsk le 5 septembre et dont les dispositions n'ont jamais été respectées depuis quatre mois.

Les ministres appellent toutes les parties à respecter ce protocole et notamment à organiser le retrait des armes lourdes dans la zone d'affrontement comme cela avait été prévu lors de la rencontre dans la capitale biélorusse.

Un sommet ne pourra pas avoir lieu, jugent-ils, tant qu'une trêve ne sera pas respectée par les deux camps afin de permettre l'acheminement d'une aide humanitaire et de procéder à des échanges de prisonniers.

Les ministres réaffirment également leur soutien au groupe de contact sur l'Ukraine et appellent à une rencontre dans les prochains jours entre les signataires du protocole. Ils demandent enfin la création d'un groupe de travail pour évaluer la mise en oeuvre des différentes dispositions contenues dans le protocole.

"PLAN D'OCCUPATION"

Face à la surenchère des deux camps, la chancelière Angela Merkel avait expliqué qu'un des objectifs de la réunion était de reprogrammer un sommet à quatre à Astana, la capitale du Kazakhstan, après le report sine die de celui qui était programmé la semaine dernière, en raison de la recrudescence des combats.

"Nous ne voulons pas d'une autre réunion entre présidents qui n'apporte aucun résultat", a dit la chancelière lors d'une conférence de presse à Berlin avec le président de l'Azerbaïdjan Ilham Alyev.

"J'espère donc que nous pourrons mettre quelques structures en place aujourd'hui. Je n'en suis pas sûre, je ne veux pas avoir trop d'attentes. Il est clair que le cessez-le-feu (dans l'est de l'Ukraine) est de plus en plus fragile", a-t-elle ajouté.

La situation s'est à nouveau fortement détériorée ces derniers jours dans l'est de l'Ukraine, où les rebelles pro-russes ont intensifié leurs attaques et où Kiev a dit vouloir renforcer son dispositif militaire pour répondre à ce qu'il présente comme une ingérence croissante de Moscou.

Le président ukrainien Petro Porochenko a dénoncé mercredi devant le forum de Davos la présence de 9.000 soldats russes sur le territoire ukrainien.

La situation en Ukraine faisait aussi mercredi soir l'objet d'une réunion des 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies.

Réagissant aux dernières propositions du président russe Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit, notamment en gelant les positions sur le terrain, l'ambassadrice américaine aux Nations unies a dénoncé de son côté un "plan d'occupation russe".

"Ce plan vise à légitimer les gains territoriaux obtenus par les séparatistes en septembre ainsi que la présence de soldats et de matériel militaire russe sur le territoire ukrainien", a déclaré Samantha Power pendant la réunion.

"Faisons tomber le voile et appelons le plan de paix de Poutine pour ce qu'il est: un plan d'occupation russe", a-t-elle dit.

(avec Louis Charbonneau aux Nations unies; Guy Kerivel, Tangi Salaün et Pierre Sérisier pour le service français)

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  • dlombert le jeudi 22 jan 2015 à 09:22

    Berlin... ligne de demarcation... achhh zoufeniiir !