Accor: au-delà d'HotelInvest, des risques conjoncturels.

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(CercleFinance.com) - En baisse de 4% au lendemain de l'attentat meurtrier qui frappé Nice au soir du 14-Juillet, l'action Accor, à 37,1 euros, affichait la plus forte baisse des indices CAC 40 et SBF 120. L'activité du groupe hôtelier en France, et en Europe, risque d'être pénalisée par la prudence des touristes. Même si la séparation de ses deux métiers reste un atout stratégique puissant.

En effet, les réservations de chambres d'hôtels avaient déjà souffert en France, surtout à Paris, après les attentats du 13 novembre (130 morts), ceux de Bruxelles (32 morts), le 22 mars, n'arrangeant rien. Le bilan provisoire du carnage de Nice fait état de 84 tués.

D'ailleurs le 19 avril, le groupe Accor indiquait, lors du point d'activité du 1er trimestre : “l'environnement reste difficile en France, où le chiffre d'affaires global affiche une baisse de 1,6%, malgré la bonne résistance du taux d'occupation (- 0,5 point de pourcentage). Dans la lignée des tendances observées depuis les événements de novembre 2015, l'activité demeure contrastée entre Paris, toujours difficile, et la province”. Or Paris compte aussi parmi les zones les plus rentables pour le groupe.

Et pourtant, l'action Accor ne perd que 7,3% depuis le début de l'année, une performance à peine plus négative que celle du CAC 40 sur la période (- 6,3%). En trois ans, le titre a pris 35% environ, faisant trois fois mieux que le marché. Et son PER 2016 dépasse toujours les 20 fois, un niveau plutôt élevé.

Certes, la France concentrait, durant le premier trimestre 2016, 23,3% du CA d'HotelServices, la division d'exploitation hôtelière proprement dite du groupe. Le taux est plus important pour l'autre division, HotelInvest, sorte de société foncière gérant les murs d'hôtels : 32,7%.

Mais Accor a annoncé cette semaine qu'il compte filialiser HotelInvest d'ici mi-2017 puis ouvrir son capital, jusqu'en en céder, à moyen terme, la majorité. Un bon moyen de concrétiser la valeur réelle de l'immobilier du groupe, qui tend à être diluée lorsqu'elle est agglomérée à des activités différentes, fussent-elles connexes.

La séparation de ses deux métiers, qui accélère et se précise, constitue sans doute un puissant facteur de soutien pour l'action Accor. Sans oublier le rapprochement avec les hôtels hauts de gamme de FHRI.

Rappelons cependant que cette semaine, un bureau d'études, Morgan Stanley, a incité à la prudence : neutre sur le titre, il visait 39 euros. Comme ses confrères, il salue la stratégie d'Accor concernant HotelInvest et la montée en gamme. Mais il ajoutait qu'Accor ne saurait être insensible à la dégradation de la conjoncture économique, qui pourrait pâtir du Brexit. Ni a fortiori aux conséquences des attentats.

A suivre : les comptes semestriels, attendus à la fin du mois.

EG


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